De la vivisection amoureuse

C'est un mix entre La voix
impérative/mutilée d'Aline et un passage
de
H sur Genève. La voix
mexicaine est divisée entre deux pistes, l'une
fragmentaire, sampler effleuré et l'autre voix affirmée.
Apparaissent aussi des voix qui parlent d '"autre chose",
comme dans le théâtre de Ionesco. C'est une pseudo
polyphonie : un axe central et des nuages de mots qui
courent et dérivent autour de ce générateur. Les textes de
Josefina n'ont que peu de sens vectoriel, de cursus
début-fin. Pris au hasard dans les 347 extraits qu'elle a
enregistré en s'amusant. Du parlé. Elle est intéressante
car elle est drôle, surtout quand elle est menaçante,
- Tu me trouves comment avec mes bottes?
- De tout façon ça ne change rien!
- En espagnol ou en français? (Fille de bonne famille
parfaitement bilingue, elle a passé par l'Alliance
française)
- La mirada a los ojos (Ce qu'il
ne faut pas faire, la regarder avec défi dans les
yeux).
- Plaisir... Plaisir... (Son aspect narcissique)
- Lèche mes pieds. (Usage de bon goût)
- Es lo que Jo quiero!
- Ecoute, je ne suis pas d'accord!
_ Et ça, ça va te coûter cher!!!
- Pour les femmes, je te dis, tout de suite : t'en auras
pas d'autre... que moi.
Etc. Ce sont des mots-modules qu'elle a enregistré "sur un
coin de table". Les lecteurs de
La Tempête, du
Big-Bang et des autres
livres, dans les deux trilogies, auront ainsi l'occasion
d'entendre la voix de la fameuse
Lili ou
Josefina. Qui demeure
toujours aussi impérative, c'est une femme avec qui il est
prudent de ne pas discuter, on le voit.
L'extrait de
H sur Genève qui donne son
titre à cet
ElectroSong provient du
chapitre
De la vivisection amoureuse, intercalé
entre verbe et pardon dans le livre :
Le Verbe, page
176
De
la vivisection amoureuse, page 177
Le grand pardon, page183
C'est un chapitre essentiellement consacré à la création
verbale. Mais André-François, le banquier amoureux qui a eu
la fantaisie de se commander au Japon une peau de femme (en
latex), a peur des réactions de l'imprévisible Mirabelle
LaNuit.. Il a raison, elle revient à lui dans un jardin
d'hiver armée d'un scalpel. Voici l'extrait :
Tremblant, il ne put rien en tirer de plus mais, à l’heure
dite, se retrouva dans le jardin d’hiver, maudissant ses
initiatives sexuelles et son incapacité à garder le secret,
aux mains de la belle qui le pria assez sèchement de se
déshabiller. Sur quoi, nu comme un ver, sans la moindre
bandaison, il dut subir l’humiliation d’être habillé par
Mirabelle, qui lui ajusta avec un soin maniaque, sa peau de
femme latex, vérifiant le moindre pli, le traitant comme un
objet, (sujet il l’était déjà) et le fit s’étendre, quand
tout fut impeccablement mis zo point, sur une grande table
de verre glacé. Il se raidit un peu, quand il la vit sortir
un scalpel de son sac et enfiler des gants de chirurgien.
- De quoi as-tu peur? se moqua-t-elle. Tu n’es même pas
attaché. Aimerais-tu l’être? Ça me gênerait. Je vais
réaliser ton petit désir, en coupant, ici et là, un petit
bout de ta peau de femme. Pour te permettre d’andronaître.
Et ne te préoccupes pas de mon vernaculaire, ces choses-là
me rendent changeante.
Rien qu'un jeu avec des sonorités, pas de message dominant.
Du mouvement.
La forme est un simple A-B-A.