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Le premier sexe
Circonstances : De passage chez Ardisson je vois Eric Zemmour s'attaquer au seul sujet important : homme, femme, mode d'emploi. Il va loin, il est très contesté. On se demande ce qu'il a de plus à dire que tant d'autres qui ont pondu sur le sujet sans jamais n
Attention : ceci était une réaction à un livre, par la suite Zemmour - qui est très brillant - ne me donne plus envie de parler de lui.
ous en apprendre quelque chose... Mais il a de bons thèmes et il est drôle, ce qui a la tévé est essentiel.
Sujet : Un détective culturel décèle une perturbation culturelle dans le continuum terre. Il prend connaissance de divers documents dont Le premier Sexe.
Le livre d'Eric Zemmour est passionnant mais assez mal écrit. Qu'importe! L'ouvrage est vif, ambitieux. On sent le philosophe, le journaliste aussi. Livre essentiel, un peu bâclé peut-être.
En tous les cas il me plaît et au delà de ma propre réaction il frappe juste, là où ça fait mal. On ne sait pas si ce jeune homme est un vieux macho nostalgique ou s'il défend avec intelligence les droits de l'homme. Intelligent, pas de doute, Zemmour est quelqu'un de cultivé, rapide au détriment de la profondeur mais veut-on encore de la profondeur? Nous allons laisser ça à Jean d'O ou… aux morts. Dans cette époque - je dis chaotique pour m'éviter une embardée d'adjectifs qui mangeraient une page ou deux - il faut frapper vite et juste, nos humanités d'hier n'ont plus de valeur, il ne reste somme toute que la femme, l'argent et l'Amérique en tant que thèmes essentiels, Dans mes romans je disais Dieu, la Femme et l'Amérique, mais où est Dieu? Je le sais, je sais aussi que je ne pourrais jamais vous en convaincre. Oublions mon Père.
De quoi s'agit-il? De qui?
Il s'agit de la femme, celle à qui Dieu a confié l'harmonisation des énergies masculines. Mais, depuis Eden, tout à foiré. Il s'agit surtout d'un réquisitoire contre le pouvoir féminin tel qu'en lui-même enfin ce temps le fait paraître. Je vois ce Zemmour pour la première fois chez Ardisson, une émission terriblement répétitive mais qui vaut par ses invités. Le thème du livre y est résumé ainsi : la décadence de l'Occident est le résultat d'une féminisation de notre société. Oui! Mais dans cet ouvrage assez bref, une centaine de pages, il y a beaucoup d'autres thèmes parallèles. Les idées se bousculent. Zemmour est attaqué par une féministe de service, c'est sans intérêt en soi, mais ça en donne à sa thèse. Il est aussi pris à partie par Francis Huster, Et là, c'est différent : Huster, homme de grande classe, de finesse absolue, dit quelque chose qui résonne en moi : l'homme n'est pas bon! Je le sais, je le mesure, c'est un thème récurrent pour moi aussi. Il est vrai que dès l'enfance je suis élevé dans un monde de femmes et que je n'ai eu que de bons rapports avec cette gens… Nous n'avons pas une bonne nature, ou… disons que notre nature doit être modérée et harmonisée par la femme. C'est ma conviction absolue. Evidemment, avec ce Zemmour et la femme qu'il décrit je ne puis que m'interroger. A-t-il raison, ne serait-ce que partiellement? Hélas, il semble qu'il ait largement raison.
Tentons de suivre son exposé.
L'Occident s'affaiblit car il est féminisé. Probablement juste. Il y aurait enAmérique (chez les Gringos…) une forte réaction testotéronique. A une montée en puissance de la femme s'opposerait une caste masculine très violente. D'où séparation. Laissons l'Amérique de côté, elle suce (it sucks). La démission du mâle, du macho, du père est, en Europe, assez évidente. Zemmour n'invente rien mais il rassemble des constats en une forte plaidoirie. Troublante car il y a trop de paramètres.
L'organigramme Zemmour est le suivant :
1) Plus d'hommes, plus de femmes, des êtres humains égaux, identiques, indifférenciés, interchangeables. Soit un discours qui confond ses propres valeurs avec celles de l'humanité : celui des puissances dominantes. Bien dit! Insuffisant aussi. Ce petit homme s'attaque à un problème originel, problème que l'époque démasque.
2) Dans un second temps, on suggère la supériorité évidente des « valeurs » féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l'autorité, la paix sur la guerre, l'écoute sur l'ordre, la tolérance sur la violence, la précaution sur le risque. La société unanime somme les hommes de révéler la « féminité» qui est en eux. [] La femme n'est plus un sexe mais un idéal.
Sur ce point il y a confusion : aucune société ne somme les hommes de révéler leur part féminine. Certainement pas les féministes, les publicitaires peut-être? Il est vrai que les signes se multiplient, des films : l'homme est une femme comme les autres, Pédale douce et son pendant "Gazon maudit", Homme femme mode d'emploi,
Le tort de l'Occident est sans doute d'avoir approché de polus près que les autres civilisations le cœur de ce que l'on pourrait nommer Homme/Femmes le conflit structurel.
A la manière d'un saute-temps fou on passe de Madame Bovary à Catherine Millet. C'est un peu bref. Le problème n'est pas que les femmes baisent librement ou exigent de leur partenaires qu'ils le fasse correctement (voir Baise-moi, une BD), le problème
Privé de ses propres mots, l'homme (mâle) a été peu à peu privé d'une pensée propre.
Des hommes avec ou sans majuscule au temps d'une société patriarcale. Et puis, dans un second temps, on suggère la supériorité évidente des « valeurs » féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l'autorité, la paix sur la guerre, l'écoute sur l'ordre, la tolérance sur la violence, la précaution sur le risque. Et tous, hommes et femmes, surtout les hommes, de communier dans cette nouvelle quête du Graal. La société unanime somme les hommes de révéler la « féminité» qui est en eux. Avec une bonne volonté confondante, suspecte, malsaine, les hommes font tout ce qu'ils peuvent pour réaliser ce programme ambitieux: devenir une femme comme les autres. Pour surmonter enfIn leurs archaïques instincts. La femme n'est plus un sexe mais un idéal.
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Jadis, Madame Bovary prenait un amant pour connaître la vie rêvée des Parisiennes dont elle lisait les aventures dans la littérature de gare.
Aujourd'hui, les jeunes filles, toujours au bord de l'anorexie, se fabriquent un corps de garçonnet pour plaire à des créateurs homosexuels qui n'aiment pas les femmes, qui les considèrent comme de simples « portemanteaux , et les terrorisent pour quelques grammes de trop, quelques onces de rondeur, de douceur, de féminité qu'ils ne veulent pas voir. Le snobisme mimétique des hommes - avoir la femme qui prouvera aux yeux des autres hommes qu'ils ont réussi, comme une belle voiture de sport - les pousse à désirer ces femmes. La bataille de l'élite est donc gagnée. En revanche, comme le remarque Lagerfeld, toujours très fin, l'homme de la rue résiste. Lui continue à désirer «le gros derrière» de Jennifer Lopez, les rondeurs de Sophie Marceau ou Monica Belluci, la «beauté grecque» de Laetitia Casta. Et reste insensible aux charmes androgynes des mannequins russes.
Ibidem, p. 21
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