![]() |
|
|
Genève , LE 25 mars 2001
Sujet :Une lecture de l'Année du tigre de Philippe Sollers.
Cher Philippe Sollers,
votre Année du tigre m’a donné envie de repenser l’image que j’avais de vous - pas fameuse - je trouve à cette chronique des qualités peu courantes. A prima vista il s’agit du monologue d’un passant (un baladin) commentant certaines actualités. L ‘attention est vite attirée par un contrepoint à quatres voix ou plus. La France, l ‘actualité, l’auteur, une méditation ambulante. Ces catégories sont charmeuses en ce qu’elles se modulent entre elles et qu’elles vous servent de réservoirs d’idées, bibliothèques secondaires, sous-ensembles etc. Ceci sur le plan de la forme. Je me suis intéressé à l’homme avec ce livre, ce qui m’arrive rarement. J’ai dans la vie une incapacité. Celle de voir les étiquettes. Et quand je les vois je les détruis si c’est en mon pouvoir. Je ne vois que les gens(êtres). Ce qui peut paraître pré-somptueux mais qui le plus souvent est ressenti comme irrévérencieux. Asi es. J ‘avais une étiquette Sollers[1] et je m’en suis rendu compte en lisant votre livre. Son contenu m’étant proche je me débarrasse de ce label en vous écrivant ces lignes, au fil de quelques jours. Je suis certain qu’elles ne vous paraîtront ni offensantes ni laudatives (laudanum). Vous paraissez écrire la chronique d’un mal-aimé, d’un marginal institutionnel mais je vous découvre avec cet ouvrage maître d’un art qui se perd, le discours sur le « moi ». Il est agréable que cela existe encore, à ce niveau. Un homme qui aime autant Rimbaud[2] ne peut être tout à fait mauvais… De même celui qui se réveille heureux d’avoir dirigé un grand orchestre vient d’accomplir un voyage initiatique. Je l’ai fait, avec de grands classiques. Schumann, Mozart, Stawinsky et beaucoup de « contemporains [C1] [3]», et je puis vous assurer que dans toutes les formes de pouvoir celui du chef est exceptionnellement bon, heureux, gratifiant. Quand rien de déraille.
YYMMdd J ‘ai découvert mon personnage par hasard à la page 107, Asev, un tracé dont je ne savais rien. Ces notes courent sur une vingtaine de jours. Yymmdd à la manière informatique avec quelques plaisanteries semi-visibles.
YYMMdd/00 :00 A propos de musique Mozart a écrit Don Giovanni, pas Casanova. On ne le lui reproche pas mais qui parle bien de la différence entre ces deux acteurs ? J ‘ai toujours considéré Don Juan comme le parfait modèle de l’homme en quête: il est épris d’idéal féminin mais « pleurant il voit l’or et ne peut boire ». A développer. Ai vu récemment le Don Juan de Molière, grosse déception… Le personnage ne tient plus dans la culture actuelle. Aux USA peut-être avec le sxmnt correct ? Nous devrions vendre aux américains nos vieux modèles culturels, ce ne serait que justice. Il est vrai qu’ils se sont emparés d’une partie de nos mythologies, celle qu’ils croient comprendre. Au menu : Homère à l’américaine, etc. Je termine mon livre. Il parle de la femme, seul sujet sur lequel je sache deux ou trois choses, comme Godard mais pas dans son style. Pour ce faire j’ai lu aux frontières de l’indigestion. Quelque chose de votre épouse aussi (sacré féminin). Vous ne manquez pas d’air en parlant de JK dans votre chronique. Vous êtes aussi lu par des non-initiés et des provinciaux ! Vous devriez l’appeler JFK (jeune femme K) ce qui serait en concordance avec Hillary. Tout livre issu de Paris devrait être édité en trois versions. L’une pour les parisiens parisants, une autre pour les provinciaux et une enfin pour les Etats Unis. J ‘assume bien entendu que l’Europe entre dans la deuxième catégorie.
yy/mm/dd/11/30 Bref, je termine un 400 pages avec passablement de timidité car du métier j’en ai dans la musique mais aucun face à une grande forme littéraire. Et simultanément je songe à un autre titre : Admirable Haïssable Amérique[4]. C’est curieux de voir comment un livre dont on ne connaît que les contours peut-être le rival de celui que l’on peine à terminer. Dispersion ? AHA: une évidence et une une impasse. J’ai passablement lu aussi sur les US et tout m’a ennuyé. Sauf l’affaire Inslaw. Votre chronique de l’année 98 elle aussi était impossible. A moins de faire ce que vous avez fait apparemment admettre que d’une certaine manière vous êtes Aleph, c’est à dire central. A partir de la s’organise un discours qui se tient et un usage du « Je » que personnellement j’apprécie. Il y a des ressemblances entre les 3 livres dont je vous parle. Celui que je termine (il existe sur le papier), la chronique « américaine » elle existe dans ma tête et l’année du tigre, elle existe. L ‘intersection des trois idées : il s’agit de trois sujets impossibles. Après tout d’Ormesson nous a bien donné un « Dieu, sa vie… » où il parle longuement de celle de Chateaubriand. Tout serait donc affaire d’audace et d’ego bien assumé. Ou mieux, d’un ego naturel qui ne se pose aucune question inutile. Comme pour le sujet AHA les livres sur la femme sont ennuyeux. Vaste malentendu par ailleurs car j’ai envie de parler du féminin « vu » par l’homme, pas du féminisme, rien d’anthropologique, juste un sang impur (les rabbins…)[5] ou une source suprême. Albéroni assez bien, un maître sensible, il s’explique trop. Car, en effet, donc, pourquoi, à l’inverse, etc. Kristeva… impressionante mais je ne sais si j’ose à son sujet me confier à vous. Guillebaud très documenté mais manquant de foutre, de feu et de risques comme tous les essayistes. Odon Vallet mention très bien mais par la bande si vous me permettez cette billardise. Badinter incontournable ? Ca se discute, se cache-t-elle moins dans ses autres livres ?. Lipovetsky et Agacinsky très doctes. Le premier « On ne contestera pas, Il est clair », etc. J’aime bien la seconde elle doit malgré l’aspect académique de ses écrits être très vivante. Et cent autres. Aucun n’attaque le féminin (du discours masculin) de manière frontale. A ce propos il y a quelques petites remarques. Vous dites « si les femmes aimaient les femmes ca se saurait ». Très drôle. Mais jusqu’à quelle vérité le dites-vous ? Juste une boutade ? Lelouch nous sort l’autre jour « Il y a de fausses femmes ». Vous aussi dites ca il me semble. Il est l’un des rares à avoir l’audace de priver les femmes de cette justification facile qu’est leur sexe. Tout le monde a eu la trouille des féministes il en reste des traces. Existe-t-il de fausses femmes ? Le monde l’ignore avec assuidité. Des jeunes, vieilles, moches. Bêtes, intriguantes et des emmerderesses tout le monde le sait. Mais de fausses ? Mieux que Godard lequel paraît par ailleurs ignorer tout de la femme à l’exception de celle qu’il porte en lui. (Quand l’assumera-t-elle ?)
yy/mm/dd/00/33 Nouvelles du monde… les femmes deviennent ennuyeuses ! Mais vous parlez des fausses femmes ? Ou des Françaises ? Desquelles ? Je vois dans l’Année que les femmes terroristes trouvent grâce à vos yeux. Vous êtes taillé sur mesure pour rencontrer une mexicaine (pas Arielle Dombasle). Autre soumission de votre part au règne féminin, page 106. « Elle voit toujours avant moi ». Toutes les femmes voient avant nous. Elles sont peut-être des colombes mais disposent d’yeux de faucons (nogag). C’est pourquoi nous avons mis au point une technique imparable. Le meilleur mensonge : la vérité. On peut vraiment les tenir en échec avec ca. Si on a envie.
yy/mm/dd/hh/mm Musiques. Bataille/Nietzsche. Une pensée ensoleillée et claire. Vous souvenez-vous de ce que disait Nietzsche à propos de l’opéra ? Que l’avenir du genre n’était pas Wagner mais Bizet. Carmen est le modèle parfait, absolu de l’opéra. Une pensée ensoleillée et claire. Un opéra avec des yeux bleus. Il est vrai qu’une fois de plus la femme était passée par là. Aspects de Cosima, pauvre Nietzsche, c’est avec elle qu’il aurait du prendre son fouet. On est loin de compte. Enervant quelquefois de constater le pouvoir féminin ? Mais je ne m’en passerais pas.
yy/mm/dd/16/14 Comme nous tous. J’ajouterai que tout le monde connaît la Femme sauf les femmes. Elles parlent fort mal d’Elle, de celle que nous aimons en tous les cas. En conclusion du 2SX Beauvoir nous demande de voir les femmes comme elles sont. Il faudrait envisager d’oublier les poètes de la femme, c’est à dire pratiquement toute la gent masculine ? Pues…. On va utiliser votre Phallusgate. Les poètes de la femme, les inconditionnels. Nous connaissons François Solesmes l’admirable. Mais il « hors concours ». Niveau trop élevé. Irrespirable. Il est vrai qu’à La Non pareille succède le terrible l’Amante. Terrifiant, pas moins. Nous sommes entourés de toutes sortes de femmes nouvelles (notre regard qui change) mais personne ne les dé-visage (regarder dans les yeux, enlever les masques). Un peintre oui, un compositeur chansonnier oui. Et les romanciers. Cette carence des philosophes et autres intellectuels est gênante. Merci de m’avoir enseigné Lacan (que je connais fort mal) avec son « Tous les hommes aiment le femme ». C’est plein de sens. Je le volerais si je pouvais, je me contenterai de citer Lacan cité par Sollers. Egalement la page 59 de mars 98. Mais là c’est différent. C’est irrespectueux. Mes connaissances de la femme, mes limitations en Lacan. Me estrañaba un poco ver a una mariposa jugando el papel de teorizante referente a las mujeres… por limitacion de mi propria mente supongo Yo. J’aime bien ce trait de Godard qui va voir sur un plateau je ne sais plus quel grand réalisateur. Il brandit une pochette d’allumettes et dit « j’ai ici le scenario d’un grand film ». Consternation. Il lit « Un type rencontre une fille. Quelque chose se passe ». Les gens le regardent de travers… c’est A bout de souffle . Mes souvenirs ne sont probablement pas précis mais vous compléterez. L’idée elle est merveilleuse. Elle est reprise par divers auteurs. Un homme et une femme se rencontrent, le drame commence. Godard lui quand il dit ces trois mots a tout le film dans la tête. C’est une évidence. Comment pouvait-on ne pas le savoir ? J’adore. Quel dommage que nous vivions dans un monde qui demande aux génies des preuves de leur folie. IL était bête (évident comme un regard d’animal). Je le connais Godard, il a voulu m’associer à la création de studios vidéo pour la cause palestinienne (époque du terrorisme, des avions explosent), mes associés ont souhaité éviter ce type de relation. Personnellement j’aurais dit oui. Il est infréquentable (écoutez sa voix…) et possède énormément de génialité. J’hésite pour génie. Il y a quand même Mozart et Lelouch. Bref, vous m’avez fait penser à Godard aussi en ce que vous paraissez avoir toujours un titre dans la tête. Vous le dites je crois dans l’Année ? Un phénomène courant chez les créateurs, ils sont toujours trois horizons plus loin, ils écrivent quelquefois leur présent de la main gauche. Evidemment en tant que pilote rien de tout ca ne me surprend. Un avion décroche dès qu’il manque de vitesse. Les créateurs sont polygames.
yy/mm/dd/21/11 Vous êtes un écrivain « tonal » et peu nagual. Mais vous avez le pouvoir de chauffer le tonal à température frontière. Par exemple page 59 « libérer l’indestructible » c’est casi casi nagual.
yy/mm/dd/21/11 Musiques Je réalise que je me suis trompé. Vous ne dirigez pas un orchestre vous êtes dedans. Fusion j’imagine. Le chef aussi fusionne, sous cent regards. Pas de droit à l’erreur. yy/mm/dd/23/45 Une amie vous dispense ses commentaires (vous l’en eussiez dispensée): vous parlez peu de votre vie sexuelle. Bien sûr. Elle n’a aucune idée du problème celle-là. (aquella ! La montrée du doigt, Illa) C’était interdit, c’est devenu banal. Miller par exemple nous en dit long mais le navire de l’époque le ratrappe. C’est Tabata Cash. Il reste peu d’exemples de ses pornogrammes (ceux de HM) qui nous paraissent originaux. En spéléologie éventuellement quand il explore le sexe d’une maîtresse avec une lampe de poche ? Votre amie femme ignore tout de la difficulté de naviguer entre pornogrammes (répétitifs) et généralités (manque de foutre, de feu et de risques). Vous donnez l’impression qu’elle ignore tout de tout.
yy/mm/dd/07/30 Vous pensez être le Seuil à « voir » Martine Aubry ? On est deux. Tout simplenent belle, diagnostique précis. Mais elle évolue dans la laideur ce qui pourrait faire effet de contraste. Ce qui me touche beaucoup à son sujet vient en fin de livre. Musique, opéra, architecture baroque. Je pense que c’est la sublimation de ce que sont les hommes. Elle (enfin une) a compris qqch de nous ! Je la regarderai avec plus de respect encore. C ‘est peut-être une femme-embellie dans un milieu de mâle abolis. (embolie). Notez : je n’ai jamais cru que les mots nous parlent, je le savais depuis toujours. Page 93. 5 heures du mat (Chagrin d’amour le seul bon moment du rap en France) et réveil dégagé. Concerto italien par exemple mais pas le finale ! ! Vous pourriez aussi dire Alegretto ou Tempo giusto. C ‘est mom[6] un 96/104 a la noire. Au delà la marseillaise et Carmen (toréador) 120 à la noire. Tempi ! Boulez me disait en 59 que personne à sa connaissance n’a l’audition absolue du temps. C’est vrai, c’est inexact. Il ne l’avait pas (encore ?). Quand on a besoin d’une référence de temps on utilise souvent des références du genre Carmen si l’horloge intérieure n’est pas claire. Bruits. La seule bonne page d’Attali pour moi : le début de Bruits .
yy/mm/dd/16/31 Je me considère comme un inculte qui a beacoup lu. Mais qui sait tout des merveilles de la littérature ? Des gens comme Starobinsky peut-être. Est-il entré dans tout ce qu’il a lu ? Impossible. Une seule femme nous mange, un seul livre aussi. Je l’ai croisé l’autre jour, il avait l’air réel, par régurgité.
yy/mm/dd/hh/mm Ciel pommelé. Savez-vous que c’est typique d’un ciel parisien (région de). Comme commandant de bord je connais bien ca.[7] Il peut s’alourdir et devenir romantique. Un jour en VFR (aucun radar de guidage) je me trouve on top après Troyes, next waypoint Coulomiers. Aucune possibilité de descendre… Soudain je repère une bosse dans le tapis gris blanc. Je devine une montée d’air chaud. Ce ne peut-être que la centrale de Nogent sur Seine. Comme je suis seul je réduis tout, sors les aerofreins, le train. Baisse les flaps, et je pique. Effectivement c’est la centrale qui casse la couche, il y a de la place, je passe et tout est clair. Sous les nuages, du sol a environ 5'000 pieds la France ressemble à un paysage de Twister. Il y a des colonnes grises et des marbres aériens qui se tordent lentement. St Ex avait raconté ca. J ‘arrive en trombe, heureusement nous ne sommes pas dans tornados alley ! Pommelé : oui. Et pas partout dans le monde.
yy/mm/dd/39/45 Vos démélés avec Fanz Giroud. Tuant. Coups de griffes. Vous lui laissez le rôle du chien ? Je vous imagine mieux en missile Sollers ( ce serait lui faire don de l’aérien)
yy/mm/dd/07/30 Mallarmé. Je croyais savoir qqch de lui. Encore une erreur… et merci pour la citation. Ca c’est quelquechose. « (femmes acceptables) Dans une robe noire principalement et qui semblent reluire de toute la vie qu’elles ont (volé ?) à l’homme ». Je ne savais pas que Stefanos était un homme, un vrai. Lui aussi aurait du avoir droit à une sorcière maya. Il est vrai que si vous le comparez à Dante (je vois ca sur le Net) nous nous approchons du tellurique. Une simple robe noire, la femme chamane. Pas besoin de plus. (same date) Soir illuminé, gloire du long désir… Mais, vous parlez de votre vie sexuelle ! Le long désir c’est justement ce qui fait défaut à la majorité des hommes. Et ca les femmes le savent. Sauf une peut-être.
yy/mm/dd/07/30 Musique. Vous aimez Solti. Vous avez raison. Il pense et sonne extrêmement bien. Son compatriote F.F[8] était encore plus génial. Mais Solti fut pénible à voir. Hectique, incompréhensible, l’envers de Boulez le majestueux, l’architecte. Je n’ai jamais compris comment les orchestres décodaient ses battues et encore moins ses levées. Gestes cassés, espace massacré. Un aspect draculien. Mais avec passion et « schwungvoll ». Je suppose qu’il avait une conception si évidente de la partition qu’elle passait par dessus sa gestique. Karajan un mythe oxydable mais « top » réalisateur. Giulini ? Il se masturbe en public. Aime pas. Toscanini : prodigieux petit vieux économe. Gestique ni belle ni laide, un peu avare, mais les résultats. Klemperer ? Sa levée de la Vème est restée mystérieuse. Impossible de compter quatre croches et de jouer sol,sol,sol-mi. Une philharmonie m’a raconté, à la pause, que le Konzertmeister comptait les boutons de son gilet en fonction de sa main droite, descendante. Ils y trouvaient l’indispensable Zwei- und (spielen). Bon gag de musiciens classiques. De tous Boulez est le plus grand maître en gestique et, le plus souvent,en résultats. Dommage pour le penseur que le chef soit né. Il s’accomplit à ce niveau.
yy/mm/dd/07/48 Dire de Mallarmé qu’il était sale salit la raconteresse (emmerderesse). C’est arrivé aussi à Julia Roberts récemment. On l’accusait d’aimer faire l’amour avec des mecs aux pieds salement malodorants. Minuscule. Un fini tes si mâles.
yy/mm/dd/hh/mm Le livre sur l’Amérique (on biffe les Canadiens et les Mexicains, abus de langage admis depuis.. ?) aussi irréalisable que l’Année ou le livre de la Femme-Qui_Est à moins qu’on ne l’attaque à la Philippe Sollers. Très subjectivement, sans rechercher de justifications statistiques, scientifiques, inlellecthologrammiques ((perdon !)) etc. J’ai lu de vous quelque part que vous étiez le pape de l’Edition parisienne. Bien ! Ca m’a fait penser à Yanne dans « Tout le monde », il s’apelle Le_Pape je crois. Quel humour chez ce type, il a réussi à nous faire aimer son aspect vulgaire. Cela dit, des papes j’en ai connu beaucoup et pas forcément des moindres. Boulez par exemple. A mon avis ca lui a plus coûté que rapporté. Le pouvoir, très mauvaise chose. La pire. Si vous avez cette position ou si vous l’avez eue votre vie a du être intéressante et très dérangée por los demas y tambien por los otros. Je ne vous sens pas affecté. Votre livre montre un personnage solitaire et social, sans contradictions, très libre et capable de voir. Je ne pense pas que vous soyez « voyant » au sens castanedien du terme mais vous voyez les choses du tonal et vous les faites voir. Agréable. Bien entendu si j’avais détesté ce livre je ne me serais pas donné la peine de vous écrire, je le fais « a tiempo perdido » mais avec ma bonne continuité intérieure. Si je termine ces Bookmarks je vous les envoie.
yy/mm/dd/07/12 Quid sit lumen : merci ! Nagual ou très proche
yy/mm/dd/12/07 Musiques Bach/Klemperer/BBC/grande émotion. Je comprends ca très bien. Un critique anglais avait dit de K* « he beats eternity ». Lenteur de ses gestes, capacité de diriger dans le temps large, c’est à dire dans la tessiture grave. Pas donné à tous. Stockhausen m’avait dit deux choses quand je l’ai fait venir à Genève. L’une sur le temps large « depuis que je suis allé à Bali j’ai gagné une octave ou plus dans ma perception du temps (grave) ». L ‘autre c’était à propos de la rivalité éjaculatoire qu’il entretenait avec le jet d’eau. Ensuite il a tenté de partir avec mon épouse. Oralé ![9] On n’avait pas connu les panzers… Je suis presque certain qu’il était sérieux dans les trois cas. A propos de temps grave, le plus grand compliment qui m’ait été adressé - éventuellement - vient du chef de la Philharmonie de Stuttgart après m’avoir entendu diriger le Prélude à l’acte II de Mesistersinger, méditation de Hans Sachs. Il était fasciné par la lenteur du tempi. J ‘avais du en effet me battre un peu avec les cordes pour leur faire accepter quelques apogiatures « battues »… Mais le comique de cette histoire c’est que je tenais cette technique d’un enregistrement de Toscanini. Ce chef dont on a dit qu’il dirigeait tout si vite que la Vème se changeait en opérette. De Beethoven à Offen(Bach) en passant par Wagner. C’est la ronde.
yy/mm/dd/06/14/0005 Les horloges digitales et leurs conneries…
yy/mm/dd/14/45 A propos de gens qui exercent le métier de dé-testeurs [10](des-testar, interesante podria evocar lo mas alla del probar…) je trouve vos divers délateurs parisiens très provinciaux. Les sœurs Anathème et Invective s’en sont allées au delà des mers depuis longtemps. Je me souviens que, malgré les dénégations d’usage, provincial a été l’insulte suprême en Paris. Et le reste sans doute. Vous les citez, leur répondez sous une forme ou une autre, bref vous leur donnez de l’attention. Vous êtes généreux. Le méritent-ils ? Uh ? Les critiques que vous citez me font penser à ces mouches qui déposent leurs œufs dans des cadavres. Si ils pouvaient préalablement nous tuer ils seraient ravis de nous ensemencer. Mais quelle sorte de papillon en sortirait ? Vous avez même une veine comique… « Puisque je suis tellement crétin et eux… ». On devrait attaquer Sollers à la Sollers, ce serait nettement plus efficace.
yy/mm/dd/12/12 L’Année est un bon compagnon. J’ai fait avec ce livre ce que je fais rarement, je l’ai pris avec moi dans mes errances diurnes, nocturnes, aériennes, sociales et mentales. Il est vrai qu’il s’agit d’une écriture « random acess » et non linéaire. On peut l’ouvrir à n’importe quelle page il reste intéressant. Vérifier que certaines pages s’ouvrent plus que d’autres. C ‘est une mine de petites choses indispensables qu’on avait oublié de désirer. Par exemple sur le sonnet des voyelles, à ce prix je l’aurais acheté de suite ! On vous traite de fossoyeur de l’avant garde ? C’est assez ringard cette formulation, disons naïf. Iil n’y a plus d’avant garde depuis pas mal de temps. Il y a des fronts et surtout de la vitesse. Fronts froids, chauds, occlus. La vitesse (pour le moment) c’est la force des américains. AHA.
yy/mm/dd/10/00 L’Amérique donc, je survivrai dans mes parenthèses, c’est le sujet central. Pourquoi les livres qui s’écrivent sur elle sont-ils si emmerdants ? Parce que l’on ne peut pas en parler avec des chiffres et des statistiques. Il semble que les Français fassent, plus que d’autres européens, procès aux USA. Possible. Les Français connaissent mieux les données américaines que les américains eux-même. Ce siècle était fut serait (est) le siècle de l’Amérique. Il y aurait un « siècle du tigre » [11] à écrire, à condition qu’il réponde à deux grilles culturelles. Celle de l’observé et celle de l’observateur. (Dois-je dire observant ?) Une bonne manière de lire l’Amérique est, par exemple, le cinéma. Il existe deux analyses. L’une, ouverte, utilise les films contestataires ou de self-diagnostic made in US. Ils existent, Il y a même des chef d’oeuvres. L’autre (Amcoder)[12] utiilise les films commerciaux ou à message de propagande mais se sert de clefs qui rendent cette catégorie tout aussi transparente que la première. Je suis allé souvent aux USA et je suis en relation permanente avec des milieux très divers. Il est établi que le « dernier empire » suscite des réactions amour-haine. C’est déjà une qualité. Nous attendions tous qu’il implose comme la Russie. Il le fera mais dans pas mal de temps. Le film « Le déclin de l’empire américain » est fascinant. On croit qu’il s’agit d’histoires de cul. Mais une seule phrase dite par une femme fatiguée lui donne brutalement une dimension dramatique. Etc.
yy/mm/dd/23/99 ( ?) Si vous faites la chronique 99 demandez-vous quelle sera la langue des Etats-Unis d’Europe. A part l’anglais je n’en imagine aucune sur laquelle ils puissent se mettre d’accord. Pas le schleu. Italien ? Ce serait trop beau. Espanol ? Ca mettrait le feu. Le français est trop difficile. A part l’anglais, s’il faut vraiment faire chier le peuple je proposerai le switzerdutch. Comment ca s’écrit ? Ca éteindrait le feu des âmes.
yy/mm/dd/14/18 Je reviens sur vos femmes ennuyeuses… Sur quelle planète vivez-vous ? Paris ? Ah ! je ne vous suis pas. Si vous trouvez que les femmes deviennent « ca » c’est que vous cessez de les imaginer. On ne pourra plus rien faire pour elles. Et accesoirement pour vous…
yy/mm/dd/11/11 Femmes d’un jour femmes toujours. Vous parvenez à un sommet. Un standpunkt en tous les cas. Nous avons appris que les femmes sont classifiables (mais avec les hommes hystériques). J ‘aime assez mais je ne suis pas prêt à tout avaler… comme ca. (Snap !) La contredisante(2 ) l’approbante( 3) la glacante( 5) l’éternelle coquette( 4) la caissière( 1) Dix mille petits romans à écrire. C’est ce que j’aime bien chez vous. L’année m’a fait lire dix mille petites crhoniques implicites. Sous (1) avouez qu’elle est commune. Si vous êtes riche vous la supportez très bien. Si vous ne l’êtes pas donnez lui une paire de claques mais… en premier. (2) Doit être une sous-classe parisienne. J’aime les femmes intelligentes et bourrées de connaissances. Elles savent écouter. Genre mineur. (3) D’accord avec vous c’est très débandant. O seas como a uste le guste decirlo. (4) Je crois bien que je n’en ai jamais croisé… (5) Ici un beau trait de plume « Elle vous présente de biais votre inexistence. ». De face même. Les glacants, hommes femmes sont sans mode d’emploi. D’eux-même j’entends. Inutiles. Le sujet types de femmes étant l’un des plus intraitables je me suis demandé pourquoi vous l’aviez esquissé à cet endroit. Je vois quelques réponses. Ecrivez-moi l’un de ces dix mille petits romans sur ce thème, Me gustaria convencerle.
yy/mm/dd/12/34 Page suivante je vous retrouve. L ‘adversité vous va si bien ! « Il va falloir que je m’occupe d’améliorer le style de la détestation que je déclenche ». Du grand Sollers. Le général Sollers ![13]
yy/mm/dd/45/67 Artaud. Quotes. Me plaisent mais je n’entre pas dedans. J ‘ai un de mes pères adoptifs qui porte encore le titre de grand provéditeur du collège de pataphysique pour les provinces ultramontaines. Annecy, Genève, Annemasse. François Lachenal. Vous l’avez connu ? C’est entre autres choses l’homme qui canalisait les jeunes musiciens vers le Darmstadt 1957. Lacan de nouveau. Il aurait se nommer Lechenal. Un grand maître, maçonnique probablement. (notre marginale : pourquoi levez-vous le sourcil gauche en couverture ?)
yy/mm/dd/00/01 Quatre lignes sur le Dr. Michèle P. Je vous le dis simplement : magistral. Il y a des gens qui ont connu l’enfer. Ca se voit à leurs yeux.
yy/mm/dd/00 : Il reste JK. Vous nous la rendez familière. Je n’ai pas totalement aimé son livre écrit avec Catherine Clément. Titre trop grave pour un style trop agité. Je ne parle qu’en mon nom. Une fois encore vous allez me faire changer d’avis. Beauté oui, intelligence (bien sûr) mais simplicité ? Ca me concerne. J ‘ai connu pas mal de gens de haut niveau. Peu avaient la simplicité. La cachet ultime, la signature.
yy/mm/dd/0 Rushdie très intéressant. Dans mon livre il joue le rôle de Shaïtan(e). Mais pas le rôle arabe ou juif. Un rôle alternatif à Dieu. Mrs High/Low. C ‘est juste un petit roman d’aventure, ses démélés avec Lilith (le sous-titre est effectivement « Les aventures de Lilith »). Rushdie parle de la vitesse : les américains….
yy/mm/d page 308. Contrairement à ce qui vous est dit vous dîtes beaucoup. Vous êtes si bon que vous avez abusé de mon temps….. (4300 mots environ) Pour conclure. J ‘aimerais bien lire Femmes, mythologies. Ca me sera peut-être encore utile bien que j’arrive au bout de cette recherche. Je pense que je vais lire votre Casanova.
Amicalement, Jacques Guyonnet voir la BD sur Nietzsche vs Sollers??? [1] Pas vraiment excellente [2] Et Mozart ! [3] Un terme qu’il aurait mieux valu ne jamais employer [4] (ci après AHA) [5] en espérant qu’il n’abreuvera pas nos sillons [6] mas o menos [7] relatif : il suffit de s’asseoir à gauche pour être commandant. Ca plaît. [8] Ferenz Fricsay je ne me souviens plus de l’ortographe de ce nom [9] mexicain : allons bon ! ou mieux : voilà autre chose… [10] les merveilleux critiques ? [11] en papier ? [12] aAmerica coding and decoding, je n’au pas déposé el brevet.. [13] notez le : je ne suis jamais sarcastique seulement un peu imprévisible, pour moi même surtout |
|