Margelle
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Discours des Nosotros
Edition annotée et à tirage limité 2eme trim 93 à l'usage des invités spéciaux, des sociétaires de Capillas Oscuras et divers autres membres des confréries représentées.
Lors de la préparation des festivités du 'El Gran Perdon", l'Auteur - qui fît -il se peut- trop grand cas de "son plus détestable et décimal anniversaire auquel il ne vouloy en personne paroitre.." (sic) - mais qui transigea avec la Société Yerba Buena-svd Mexico pour y participer en qualité de metteur en scène de l'Univrers des Nosotros, écrivit d'un jet le texte qui suit et le soumit au comédien Jean-Luc Wey pour qu'il le mette en valeur. Toutefois l'opinion de Wey, à première lecture, fut qu'il s'agissait d'un filage verbal, délire de mots et d'associations plus ou moins organisé ce qui ne manqua point de contrarier l'auteur lequel se fit un point d'honneur d'en expliquer toutes les "coutures et sources" allant même jusqu'à consacrer une répétition entière non point à écouter son interprète mais à lui demander de l'écouter en exposer le sens en ses moindres détails. Wey, en professionnel comme en homme de bonne éducation lui prêta attention et , le moment venu "fit passer" les lignes qui suivent à son public avec un taux de réussite de 66,6%, pari peu aisé à tenir tant la qualité de l'auditoire fut variable : de la nymphe simplette à l'amazone suprême, du parasite au Grand Ancien. Cette version annotée, réalisée avec le concours des Nosotros à pour but d'apporter quelques clefs au lecteur sans prétendre à l'hexhaustif, l'auteur ayant depuis toujours eu la détestable manie de vouloir tout faire tenir dans ses textes, quel qu'en soit le sujet. L'idéal lui paraissait d'écrire une note par mot, voire plusieurs, toutefois il se limita (AA)rbitrairement aux chiffre de 117 notes et très exactement 99'999 caractères (notes et espaces vides compris), chiffres qui ne sont pas sans références cabalistiques et nous rapellent une chambre d'hôtel que nous avons beauoucp aimée, à Stuttgart, du temps des grandes tournées, Du "Chant remémoré à Ombre, en passant par Zornagore, les Enfants du désert, Die Wandlung, La Cantate interrompue, Base-Anabase et les Profondeurs de la Terre pour n'évoquer que quelque unes de nos compañeros en creacion. Il y est également fait référence à un opus magnum, parfois sous le titre de MA ou PA ( Mujer de Arena, Palabras de Arena ou encore ADNA qui serait le code d'une entité nommée A ou l'anagramme de NADA ou l'ADN de "A".
Pour le commodité de chacun le texte "in extenso et sans notes" est fourni en annexe ß(éta).
Mes chers sujets
Et
vous autres étrangers distingués, pouvoir:confréries, loges, nos Seigneurs et gentes Dames les titres oubliés et encore vous les obscurs, les sans-grade, gens des Pays d'Alentours , que Nous devinons à la lisière de Notre regard et que toujours Nous préférons : Vous fûtes, il Nous plaît que vous le sussiez , très beaux et paradants, jeunes à votre façon, pétant le feu ou il n'importe quoi , à descendre ces nobles marches et Nous vous avons regardé avec satisfaction, à quelques exceptions près, que Nous avions bien entendu programmées avec soin.
En toute immodestie Nous vous saluons et Nous nous bornerons à vous apporter deux mauvaises nouvelles car, si vous êtes en quelque manière nos sujets (ceux que Nous rêvons ) vous êtes ce soir notre cible, et, chose singulière, le sujet impluriel que Nous traitons. L'heure est venue de régler nos comptes / et Nous pensons bien Nous y employer de manière diligente. Ouvrez bien vos esgourdes et désablez vos portugaises car Nous serons presque totalement et irrémédiablement brefs .
A
Nous, qui vous avons pensés et médités pendant bien longtemps Nous vous offrons brute de la fonderie cette question qui Nous tourmente : Chacun d'entre vous en cette salle est Notre égal et règne sur son propre marches : Empire Empire, celui de ses songes . Mais combien d'entre-vous le savent ? Et combien osent le pratiquer?
Vous Nous avez sur ce point beaucoup déçus et inquiétés et - Nous le pensons - votre manque pouvoir, d'impérialité et votre horrible modestie: Les Chuisses...horrible modestie: Histoire secrète des vices à Genève op. cit. horrible modestie: Grandeur et décadence lémaniques Y.B. Mexalpine, lémanique, helvète et rhônique affaiblissent en ces lieux songes : la trame même du monde, cette trame que nôtre ami l'Empereur Salvador Nous décrivait comme totalement gluante et cosmiquement proche d'un énorme fromage suisse . Pour tout vous dire Nous nous sentirions plus en sécurité dans la bonne ville de Tenochtitlan / avec ses terribles tremblements et ses fumées qu'en cette incertaine campagne que fréquentent aujourd'hui des démons et que votre paresse découd à grande vitesse.
N
ous vous retrouvons trop conformes, trop "bien", trop gentils, trop pétris de cultures mortes et Nous l'admettons, Nous vous eussions voulus plus sans-gêne, plus fanfarons, un peu menteurs, de forte senteur et suints et - pourquoi pas?- gicleurs -de-probables. Nous vous exhortons à faire grandir en vous votre dimension noble d'Univers : le Bruit !!
Q
ui d'entre vous se croît digne du Grand Pardon ? (....)
aléatoirement : Et qui pourrait l'accorder?
Oui, vous Nous avez déçus en pensée, en action, en paroles et par omission et peut-être ces formules vous feront-elles tourner vôtre regard vers un coin de cette salle, là ou se trouve Notre pouvoir:confessionnal, à toutes fins utiles.. nous en reparlerons sous peu....
P
our garantir un univers:chaos:bruit:Fleuve:666:4,669 pur et dur comme le cristal il Nous faut des pouvoir:rêves violents, clairs et forts comme ceux qu'apportent les grandes nuits froides du Nord. C'est ce considérant que Nous avons confié aux femmes -une fois de plus - pouvoir:la mission de gagner cette guerre - en Amazones - ou de Nous pleurer en romantiques, et aux hommes de porter une cravate noire, pour marquer le deuil de leurs territoires, que peu à peu leurs retirent le chaos et le bruit, aléatoirement : toutes choses magnifiques et dangereuses mais comprises hélas des seuls musiciens, mathématiciens, philosophes, poètes et amazonesses / qui n'en révèlent pas volontiers les secrets.
pouvoir:Nos services et nos puces savantes savent de vous plus de choses que vous n'en sauriez imaginer, et la plupart Nous plaisent. En cet instant même je discerne ici, à quelques pas, parmi vous, de petites lumières, vaillantes et vacillantes, moins éphémères que celle des chandelles : ce sont des âmes, elles me parlent.
I
l y a parmi vous trois hommes impeccables - deux d'entre eux sont des femmes (mais personne n'est parfait ) et plusieurs Anciens.
De ceux-cis Nous Nous honorons de savoir que l'un d'entre eux est pouvoir:un Grand Ancien qui exerce son regard vers l'intérieur, sur sa lignée et sur son son temps. Sachez le reconnaître et qui saît? Le connaître.
Deux autres encore reviennent du Royaume des Morts et sont transformés.
Certains , c'était prévisible, ne comprennent rien à Nos paroles et pensent que nous disons n'importe quoi. Compte tenu de la densité de ces palabres nous ne leur donnons pas tort.
Pour le bref je vous apporte quelques nouvelles des marches de l'Empire.
Les Francs nos voisins ne le sont plus guère -depuis avant-hier- et les Germains sont maintenant nos cousins d'Europe. Un siège sera revendiqué cette année au Nations Unies pour la Nation Cétacée et les Hispaniques se préparent à reconquérir les Amériques d'une manière moins chrétienne , c'est à dire plus catholique. Seuls les Italiens Nous paraissent immuables, ils connaissaient déjà le Chaos . Il y a des tempêtes qui passent sur l'Europe et la Transylvanie, laissant au hasard de l'or ou du sang sur les pierres . Le temps est proche en lequel les Suisses pourront enfin se voir dans leurs miroirs et Nous ne préjugeons pas de leur réfraction. Au proche pays Pays d'Alentours : Ultramontain l'un de nos Princes temporels a rencontré la sagesse , un autre a pris la sage décision de pouvoir:se retirer en terres d'oubli : il s'y trouvait déjà mais l'ignorait , un dernier l'y suivra mais et ne le saura jamais.
Nous eussions aimé accompagner avec amour dans sa déchéance imméritée ce grand Ministre notre Père qui mourût naguère dans l'oubli , mais tout ceci va avec le Fleuve est écrit dans le Livre et en un sens est vrai et beau et bon .
Le Chaos humain ascendant bientôt à la fatidique moyenne des nombres 666 et 4,669 Nous vous conseillons de vendre un call sur le Paradis et d'acheter un put sur l'Enfer , votre fortune est garantie , elle sera virtuelle comme le sont toutes les fortunes.
Il Nous plaît enfin de voir qu'ici les genres, âges et pouvoirs se mélangent . Nous espérons ainsi que pour illustration que vous avez osé participer à cette loterie de Babylone qui ne reconnaît aucun autre pouvoir que le hasard ou Nos machinations et forgeries , exception faite pour les pouvoir:Ambassadeurs ici présents que Nous sommes bien tenus de reconnaître.
Nous avons visité en Hawaï une clinique dont les docteurs sont des dauphins et pourquoi pas demain une banque dont les gestionnaires seront des kangourous ? Nous les pensons gracieux, sachant frapper fort avec leur queue et prestes à établir des comptes numériques en leur marsupiale poche.
Ainsi, chers sujets, s'écrivent ou se disent les chroniques de l'Empire, petites, partielles, nulle bibliothèque : bordel : Babylone : ADN : Le Livre ne les contient toutes.
Notre seconde mauvaise nouvelle est brève :
Nous avons pris la décision de cesser de vous rêver .
Les conséquences vous en paraîtront de prime abord insignifiantes, Nos chers "Objets" - car Nous ne pouvons plus traiter de sujet qui n'est plus dans notre rêve! - toutefois vous serez vite réduits à l#'état d'autonomie , vous devrez porter ce monde où Nous n'existerons plus, devenir dans l'instant de grands architectes et Nous souhaiterons, de la (R)etraite que Nous Nous proposons d'expérimenter, être bien rêvés par vous , dans un monde qui ne se défait pas et dont, bordel de merde , les coutures tiennent. Soyez prudents, chers Objets, car, d'ici l'aube de ce printemps , vous ne vaudrez que que ce que vaut votre imagination solitaire et votre pouvoir conceptuel. Oh! il se peut bien que la ligne du Pays d'Alentours : tram XII existe encore quelques heures, par habitude, comme d'autres détails infimes... mais nous espérons ardemment que nul ici n'oublie de penser les virgules du Monde, ses petites coutures et les humbles rivets qui lui donnent de la cohésion. Nous abdiquons, Nous Nous dessaisissons de ce qui fut Notre pouvoir et des clefs des margelles et structures. Il n'y aura plus de chef d'orchestre invisible, plus de trame d'Univers et - celà Nous amuse fort - vous serez, -vous êtes déjà-, la Lumière originelle, les Eaux, la Terre et les Esprits animaux, comptables de vos propres arcanes, des marches de vôtre Empire et de tout ce qui s'y peut passer et penser.
Il se prépare ce soir diverses fins de règnes pouvoir:et des recommencements. Nous voyons aussi la lueur d'un incendie car quand un amour se meurt c'est aussi quelque part dans le monde une bibliothèque qui brûle .
Nous nous sommes préparé une transition discrète vers d'autres dimensions et Notre meilleure garantie de secret n'est autre que le tapage dont Nous l'entourons.
Ayant dit tout celà il Nous est loisible de vous adresser Notre bénédiction et Notre message d'amour avec trois conseils : cette loterie à laquelle certains ont participé est à l'image de Babylone l'ancienne : vous y tirez un destin, un pouvoir:symbole insignifiant ou précieux.
Notre premier conseil : Appréciez votre choix quel qu'il soit, pratiquez le sur vous et sur d'autres, répandez-vous.
Le deuxième : Utilisez sans vergogne Notre Grand Maître de Cérémonie . Il possède toutes les indications, les grâces, jetons de couleur et clefs temporelles ou spirituelles dont vous aurez besoin d'ici l'aube.
Le dernier : confessez-vous les uns les autres et accordez-vous le Grand Pardon , Nous vous en conférons le pouvoir.
Certains le savent : nous n'avons pas de caves d'enfer en ce château, telles celles que le bon Professeur Gérôme nous avait offert l'an dernier avant que ne frappent les chars de feu qui nous enlevèrent sur le Mont Salève et jusque chez la grande putain de Babylone en passant par chez les Lybiens . Mais enfer pour enfer la Géhenne, en sa version portable, chacun d'entre vous trimballe la sienne , nous le savons bien!
Confessez-vous donc, à tour de bras : le silence de ce confessionnal sera enregistré, traité et diffusé électroniquement dans tout le château, aléatoirement, hors de nos choix et de manière tout à fait imprévisible , même pour Nous .
Soyez drôles , sincères , abandonnez toute hésitation comme toute retenue , la Nuit est à vous.
Avant que de me retirer j'appelle le jeune comte Dracula qui a bien voulu venir de Londres pour profiter de vos énergies et retrouver la Femme Ultime , à travers le temps.
Que ces espaces s'ouvrent maintenant et que notre part la plus négligeable Nous soit arrachée et se sépare de Nous et, tant qu'à faire , se choisisse une femme, ¡ la plus belle ! pour ouvrir le bal.
Annexe A
Op cité : Textes divers
Ed A.R.T. 1989 ( à propos du solipcisme chez Cyber I )
HISTOIRE DE L'OMBRE QUI VEILLAIT A LA LISIERE DU MONDE.
Vendredi 17 Février 1989
Je me suis souvent posé la fameuse question des philosophes : puisque chaque chose n'est qu'une représentation dans mon esprit, que tu n'existes que parce que je pense à toi, que ce trottoir, cette ville et ces nuages la-haut comptent dur sur moi pour ne pas se dissoudre sottement, comme ça (là tu claques tes doigts avec désinvolture) snap!, qu'arrivera-t-il quand je cesserai de penser à eux tous ? Ils ne seront plus.. Il n'auront jamais été.
Alors je pense à toi, aux miens, aux 'biens' et même aux moins biens et je rêve comme un fou quand je veille et dors, pour maintenir ce ciment universel, ma pensée, la veilleuse de l'univers.
Tu ne trouves pas que c'est une charge bien lourde pour un dragueur qui ne demande qu'à rigoler un petit coup? A écrire un peu de musique ou de poésie ?
Pour celà Bouddha s'est coupé les paupières, hier. Il avait peur de s'endormir. Peur de ne plus faire tenir cette soupe, cette géante architecture, géante, sublîme, infâme, recoupement de tout, toi, moi, le bourreau, la victime, la légende des siècles, un pharmacien, le kamafoutra et los demas (tu tambien). Alors moi... Alors moi, si des mecs de sa taille ont peur, je fais quoi moi? Tu veux que je te le dise ce que je fais ? Je me barre. Je me casse, en mille morcifs, je m'écaille, au couteau, au ciseau, en regardant la téloche, avec n'importe quoi, une action de ta société, un quart de soupir. Je repasse les leçons du grand poisson survivant : j'hiberne en octobre, je me fais tout petit devant cette poupée dont personne n'avait décelé les pouvoirs fondamentaux, je prête main forte à mes bourreaux, assassins, juges, tueurs et cons : je braque la lampe sur le centre de mon âme, je règle la flamme, c'est bleu, c'est droit, acéré et psschff : tout s'évapore, indolore.
C'est le moment de bien t'accrocher car le monde va ressentir une grosse difficulté d'être.
Le vent se lève et le Grand Lumineux qui marche pas droit va causer.
Ce n'est rien, note : c'est la réalité qui s'accroche. C'est juste un monde qui meurt. Et il n'y a pas assez de zéros dans tous les livres du monde pour dire la quantité d'images qu'il emporte avec lui. Vers la trombe. Et quand il n'y a plus d'air vers la tombe. Vers le trou-jamais. Vers le jamais-plus-jamais. Le never say never.
1993/Mexico/ Yerba Buena Ed, Notes

Annexe C
Histoires d'ailes
Histoire d'Elles aussi. Les femmes sont ma femme-mille, famille. J'ai distingué leur être interface d'Arbre-racines dont je suis, nous, ils, sont le feu électrique. Je deviens re-né(e). Sans préavis. Aucun signe avant-coureur. Avant, quelquefois, c'étaient, ce furent les rites de la déconstruction, énergies en valse lente qui s'égarent et se perdent. Là c'est le vestibule des Enfers et le Hall des Hextases. Pas de paradis. On l'a perdu ou l'on s'y ennuait. Ce qui me donne l'idée de te parler de mes ailes.
Les Annes. Vestibule p(h)arisien de l'Enfer. Elles ne savent pas encore qui elles sont. Charmes essayés furtivement au fil de ce business qui débouche sur la gueule pas contente d'un dragréacteur. Entre deux Falcons elles s'essaient au Mirage de l'étreinte d'Assault. Leur improbable équilibre : feu et glace. Leur mode : ironie d'autant plus cinglante qu'elle insécure. Je les violine par FAX. C'est classe, toute la boîte qui lit avant. Elles planent, ces amazones. Je rêve brièvement de les présenter à leur soeur anne (la vraie) - qui ne voit rien devenir-, brefs yeux bleus innocents par le travers d'un démon en trompe l'oeil.
Trois jours à gauche je les retrouve mes ailes, au Texas. Les gens sont biens, super-cool. On me colle un vol de nuit. Le pied mes chers frères : Austin et son capitole qui défilent sous mes ailes, une valse quelque peu désinvolte pour éviter les grands navires, au large l'ancienne piste de la Shuttle et devant nous : les lampes bleues de l'Executive Airport. Vent de travers, le vieux 152 se pose sans histoires.
Alphabétiquement vient Ania. Elle rédige une thèse à propos du sarcasme et de ses retombées primaires sur la sexualité masculine. Elle émonde, démone au chomage technique, stade de travaux pratique. C'est une Ancienne toutefois. Qu'est-ce que j'en fais? Je la mange ou je l'écoute? Je choisis le vestibule d'un respect provisoire. La guerre suivra, ou l'altitude, c'est selon. Je reviendrai...
Annexe A(lbert)
A l'âge de vingt ans Albert Alexandre (qui est une jeune amazone dont on tait l'identité) fit ces trois rêves :
Ainsi que divers autres rêves en lesquels elle tentede me présenter à sa mère, laViolente Vie-Mort-Vie.
Elle envoya également un message par la fréquence onirique pour demander un appel téléphonique le 17 avril 1995. La communication fut effectivement réalisée.
Annexe F(l)EU(ve)
Je marche sur la grève de sable noir. Je marche et j'écarte des mondes. Ce sont des bulles qui me sont familières. Elles se sont rassemblées hors du temps, près de moi, à portée de ma colère.
Ou de mon chagrin.
Je suis un Ancien, grand sage et très imprévisible fou. J'ai reçu les attributs de guerrier, bâtisseur et rêveur. Je suis un conflit.
Guerrier, je crains parfois de me tromper de guerre. Bâtisseur, je me détache de mes oeuvres. Rêveur je marche sur cette plage de sable noir en attendant la foudre.
Jamais je n'étais parti ainsi à la dérive, toutes racines arrachées, toutes origines perdues.
La vie en ce moment est très Aleph. Dans la même bulle de temps je vois l'incendie du palais de verre de mon père et ma mère qui s'éloigne lentement, trop lentement.
Et mes pas s'impriment sur l'haleine du volcan, là où la mer dessine de graciles végétaux fossiles qu'elle efface et retrace, par hasard comme par éternité.
Il y a des poètes dans ce monde, il y a des poètes parmi nous. Vous ne les voyez plus, vous en devinez certains peut-être.
Là où tu me laisses la place je viendrai commente la mer.
Ainsi sont-ils. Là où nous leur laissons la place ils surgissent. Ils ne passent plus une vie à dire le monde. Leur labeur est parallèle, souterrain. Ils extrayent des parcelles du monde pour les mettre en évidence, les savoir totalement. Certains cherchent le signe de la Bête, d'autres le signe de l'éveil. Tous rencontrent le Temps et sont aveuglés.
Il fut un temps où ils avaient le pouvoir d'établir des ordres entre nous et le monde. Ils avaient un langage et un territoire de parole, une veillée auprès du feu, un livre, des rencontres.
Puis vint le temps de la parole et des images multipliées. Leur ordre se défit, très naturellement. Leur message ne pouvait plus se découper dans le niveau montant du bruit.
Je me pose la question, la seule : si un jour ma pensée me quitte, si je m'éloigne moi aussi trop lentement, qui m'offrira le don de l'oubli, une fin honorable, tranchante ? Nous n'avons pas tous peur de mourir au combat, par traîtrise, méchamment, mais nous craignons tous de mourir ainsi, par déconstruction, et que le don d'une mort nette nous soit refusée.
Je repense aux animaux, à ceux avec qui j'ai vécu, à ceux qui sont là. Quand ils sont blessés, quand ils ne sont plus bons à la vie, selon ses règles, ils sont éliminés. Mais certains d'entre eux vivent avec nous et nous les prolongeons.
Quand vient le temps de cette décision je connais leur regard. Que pleurent avec moi ceux qui savent. Lloren conmigo aquellos quienes lo saben. Il se pose sur moi avec confiance et me laisse le choix.
Ce regard fut aussi celui de mes parents, je n'ai pas eu de choix à leur offrir.
Ce rivage est tout ce qui reste de la plus ancienne colère du volcan. Partout ailleurs la vie est revenue, les arbres éclatent sur les terres sombres et riches.
La mer n'appartient pas à tout celà, même si elle l'a fondé. Elle invite au départ, au combat. Elle me dit qu'elle reprendra tout, qu'elle est proche et inconnaissable. Près de moi un funboard racé m'invite au départ. Je descend dans les vagues et je laisse le vent empoigner la grande voile. Je pointe le nez du windsurf sous le vent et je tiens la voile basse. C'est un quatre Beaufort, dans un instant il me hissera sur la planche et je m'élancerai dos aux vagues, à l'écoute des sèches claques de la vitesse.
Je suis un guerrier. J'ai pratiqué la guerre quelquefois. En d'autres périodes j'ai trouvé le vide.
Je me suis heurté à ma quête, je suis devenu un inconnu errant dans le rien, la brume.
Je voudrais bien finir brutalement.
Je ne veux pas attendre l'aube une autre fois.
Je ne veux plus relire l'horreur des signes écrits en vert.
Je voudrais bien finir brutalement.
Je voudrais bien finir brutalement.
Je voudrais bien finir brutalement.
Pas par l'érosion qui défait tes traits, toi que j'aime.
J'ai peur.
Le fleuve
(Shaïtane parle)
"Sa plus récente conception philosophique du Chaos tend à la perfection en ce qu'elle devient chaotique elle-même.
La vie, dit-il -je le cite- ressemble à un Fleuve que l'on descend et dont les eaux, peu profondes et claires à la source, deviennent abyssales et furieuses à l'approche de la mort. Il me vient le terme d'inéluctable, est-il une image du Temps? Je ne le sais pas...
Certains tentent de remonter son courant et gaspillent leur destin en peinant contre sa force implacable. D'autres souhaitent accélérer l'inéluctable approche des rapides : cette curiosité n'est qu'un désir déguisé de suicide, la fin du Fleuve ne peut être confondue avec cette banalité : le désir de la mort. Seuls les philosophes, peut-être, et parmi eux Héraclite grand exemple, peuvent s'avancer au-devant de ce qui est beau, terrible et insoutenable pour l'homme.
Le Fleuve ne s'écoule pas de manière homogène. En fonction de leur masse et de quelques aspects qui nous demeurent mystérieux les êtres sont emportés par le courant à des vitesses différentes. Ainsi voyons-nous avec douleur disparaître au gré d'un flux trop vif certains de ceux que nous aimons alors que d'autres, dont les grands corps dérivent plus lentement, connaissent la solitude du flux noir. C'est ainsi que mon destin le plus évident doit un jour me séparer de Jacques.
A l'approche des rapides le Fleuve devient cri, il est le flux de tout ce qui est. Jacques soupçonne qu'il soit alors composé non seulement de nos vies ou des vies qui nous sont proches mais encore de l'ensemble des petites et grandes organisations qui ont subi l'épreuve du temps. Ainsi se déverseraient côte à côte dans les rapides l'univers emporté par celui qui meurt, une infime luciole, et l'espace géant d'une étoile agonisante. Ces fins du savoit ont été dites de toutes manières, quand un homme meurt dans un village il est une bibliothèque qui brûle. Peut-être le Fleuve, quand il se jette dans les rapides, est-il un aspect de ce que les savants nomment "trou noir", variation à l'extrême frontière du temps. De ses non-dénombrables possibles Jacques relève qu'il donne la compréhension de toutes choses mais trop tard. Le voyageur entrevoit tardivement pourquoi un Dieu inconnu a offert à la jeunesse le don bienfaisant de cécité et l'incompréhension du langage du Fleuve : à ce premier stade de la vie la connaissance n'en est pas souhaitable. C'est ainsi que le flux prend le nom de désir et dissimule sa sinistre voix.
Il pense qu'il est une autre dimension du Fleuve -qui est le CHAOS- et qu'en cette dimension réside un pouvoir d'infinie transformation qui augmente au fur et à mesure que la fin du voyage approche. Il croit possible de tricher avec la loi commune pour redescendre le Fleuve , en parallèle, en une infinité de nouveaux parcours. Ces chemins improbables d'un espace dramatique expliquent peut-être le fait qu'il soit à la fois très jeune et très vieux.
Certains soutiennent que le cri du Fleuve est égal à l'ensemble des minuscules clameurs du courant et des êtres qui se brisent sur le roc des rapides dans le colossal et inimaginable déferlement de milliards de milliards de mondes qui se perdent quand prend fin ce défilé maudit. Jacques soutient parfois qu'il ne s'agit que d'une imagerie facile, destinée à cacher la vraie nature du cri. Quand vient la vieillesse, dit-il, il se produit en toute entité d'organisation hautement complexe - la vie ! - une perte progressive de l'information. Quelle est-elle, d'où vient-elle, ceci est une autre question, une autre histoire. Ce qui lui paraît certain c'est que le rôle des diverses légions qui nous composent devient de moins en moins clair, qu'une sorte de grisaille s'installe comme une brume et gomme les frontières de ce qui fût "relativement" défini.
On imagine la glaçante mètaphore de cette pièce peuplée de gens agés où les conversations se font moins vives et précises, où les expressions et les traits s'érodent vers une poussière commune, où règnent l'in-différence et le petit peuple libéré d'anciennes directives vitales, quand le vent lui aussi est mort. Dans nos corps ce même scénario se joue.
Bien que tout ce récit soit ambigü - car il parle de fureur comme d'extinction- ce qui précède est la description du bruit, chuintement minuscule ou cataracte hurlante. Je est ce rapport du signal vital au bruit de fond de l'organisme, ou, dans un sens plus terrible sans doute, à la mémoire.
Ce désordre qui monte dans ces êtres qui ne se réinventent plus est le bruit de fond de la vie , de même nature que le bruit de fond de l'univers qui est composé du cri de milliards d'étoiles. Cette pathétique pente de l'être, l'entropie-bruit de fond, est un récit dont les protagonistes se nomment complexité croissante, église de Chaos et -qui le sait?- recommencement. Tel est, selon lui, l'origine véritable du cri du Fleuve : ce qui se déconstruit.
En cette période il dirige pour la première fois la Symphonie Jupiter de Mozart. C'est une grande expérience pour lui, l'oeuvre l'attire et le domine encore. Demain il la dirigera en public avec de jeunes enfants qu'il a préparé à en conduire quelques extraits. Vouloir assumer cette force ressemble à une brûlure. Il l'aborde avec respect mais le temps venu, il se l'appropriera avec toute l'intensité dont il est capable. Il ressent que le finale de par son caractère impétueux et l'immense giration qui entraîne vers leur fin ses caractères passionnés ressemble au Fleuve quand il est proche des rapides, ce qui est impensable. Il pense que Mozart, comme tous "ceux-qui-regardent-au-delà" a vu le Fleuve et il en conclut que ce final - si beau ! - en est une description faite en un temps où l'homme s'imagine dominer le chaos par sa pensée. Il est évident que ces caractères musicaux dictent quelque impérieuse loi, que le ton de leur voix sonne révolté et dominateur alors qu'une grande force rugissante s'empare de tous et les précipite vers leur accomplissement, la nuit, le silence.
Amadeus a recopié les lois d'un Fleuve contenu par sa culture, il ne disposait pas des moyens nécéssaires à le décrire. Il en a transcrit l'idée mère, platonicienne et il se peut qu'après lui les modernes se soient laissé dicter leur vision de l'univers par cet étroit pinceau de lumière que sont les sciences exactes. Il sera donc temps de revenir au dialogue du rationnel et de l'irrationnel, de la science et de l'obscur. En vérité il traite de connaissances interdites.
Ainsi, une certaine nuit eut-il une vision brutale de la forge d'univers grondante qui se développait en lui, dans les ténèbres extérieures. La splendeur et l'horreur sont indiscernables se dit-il, elles me brûlent et je me fonds en elles.. Ce ne sont pas des visions de femmes : est-ce une question d'hormones? Peut-être avons-nous accès à cette forme de folie, de sagesse et de connaissance pour des raisons chimiques, l'interface masculin .. Peut-être avons-nous aussi acquis la faculté de regarder ardents au coeur de soleils aveugles?
Je doute de cette dernière affirmation, la transgression est sans époque.
"Il viendra un homme qui fera un Jupiter de Chaos", tel est la prédiction musicale insensée que je crois l'avoir entendu proférer.
Il reconnait qu'il existe des paradoxes et des contradictions dans ce qu'il dit. Premièrement un discours qui ne serait que catabolique ne serait qu'illusion car pour parler du Fleuve il faut être porté par ses eaux et donc déconstruit jusque dans son verbe. Il est probable, d'autre part, qu'il existe une plage variable dans l'existence en laquelle l'esprit poursuit l'édification de ses univers alors que le corps a entamé son rite de déconstruction. Ainsi voisineraient des entités qui paraitraient simultanément descendre et remonter le Fleuve alors qu'elles ne seraient que des effets de miroirs. Il est, enfin, des lieux particuliers, très alephs si je puis ainsi parler de l'infini, desquels la vue peut s'exercer simultanément sur l'avant, l'arrière, l'au-dessus comme sur l'au-delà, l'après, l'en-deçà.
L'idée d'échapper au Fleuve le hante pourtant périodiquement. Redescendre en parallèle pour une infinité de parcours, ne serait-ce point -encore un paradoxe, mais ce pays en est généreux- l'immobilité, la contemplation en retrait, le renoncement, une manière de ne pas être à ce monde? De confus fragments de sa vie amoureuse lui reviennent et lui enseignent que la quête est mouvement par essence. Quel meilleur domaine que le sexe pour conjuguer ces deux termes : mouvement, quête? Il se souvient de femmes désirées dans un instant qui fuit : pour un sourire, pour une démarche, une voix, pour quelque chose qui ne se recrée jamais. Il a compris qu'il ne faut jamais résister, contre la neige glacée quand les skis chantent sur une pente noire, contre le vent et les vagues quand son dos frôle la mer à grande vitesse, contre le changement, dans l'amour, dans la création. Je crois qu'il tente d'en faire sa règle de vie et d'oeuvre. Il aime l'homme stochastique de Silverberg où l'auteur décrit l'apparition d'une secte de "transitistes" (bien qu'il n'ait eu ni le courage ni la folie de vouloir leur ressembler). Sa position est claire, il construit dans l'accident, en pleine conscience. Ainsi renonce-t-il à ces hypothétiques cavernes qui seraient hors de l'atteinte du Fleuve et en accepte-t-il finalement la loi.
Jacques soutient que par la musique, avant l'âge de trente ans, il eut une connaissance exacte de la nature du Fleuve et du cri. Ce fut, dans une oeuvre de lui, très complexe, mal éxécutée par un orchestre médiocre, un moment de conscience pure et lucide qui lui vint après une phase de découragement. Il entendit, dans une salle de répétition pauvrement meublée, éclairée par un néon, tout ce qui était joué et tout ce que sa musique supposait. Pendant un fragment de nulle mesure temporelle, battement de son coeur, giration électronique, éon ou temps suspendu, il domina la barrière des nombres et devint conscient de ce qu'il m'a décrit par la suite comme l'immense organisation de désordres confluents. Tout, selon une logique impossible se précipitait vers un état dernier : Le Fleuve, en vérité. Musicalement c'est la co-existence d'objets très complexes et ramifiés ainsi que le glissando qui lui paraissent rendre compte de l'existence du Fleuve. Surtout le glissando, non point conçu comme une sirène ou effet grotesque, mais comme altération immensément lente, presque non perceptible, traduisant la constante pente de l'Univers, l'éternelle modification de nos harmonies.
Le plus frappant est sans doute ce qui vient : à celui qui conçoit le chaos et s'y abandonne avec acceptation est donné soit la destruction soit une force telle qu'il ne lui est plus nécessaire de revenir une fois encore dans les eaux du Fleuve sous la même enveloppe. Je te relate ce rêve qu'il fit cet été : il se trouvait avec nous dans une petite pièce moderne, banale, avec une table blanche comme dans une cuisine quand il ressentit soudain, proche de lui et de nous, une présence mauvaise. La chose - l'entité- était de nature glaciale, méchante et électrique. Son esprit et son âme furent envahis par quelquechose d'inimaginable et, au sein de ce rêve, son corps se tordit dans son lit, parcouru d'un vent hostile et froid. Il lui vint cette pensée : je dois laisser cela me traverser, je ne puis combattre cette force mais je puis l'obliger à me prendre pour chemin. Il fut extrêmement conscient qu'il existait une condition essentielle : il ne devrait opposer aucune résistance sous peine de destruction immédiate. Il me dit par la suite qu'il avait prêté son corps et son cerveau comme une sorte de récepteur-relai mais que lui-même avait du se cacher, disparaître totalement de cette voie qu'effectivement une tornade de feu froid envahit furieusement. Il se tourna vers la fenêtre tout en prenant garde ne n'opposer aucune résistance au terrible fluide de volonté qui l'investissait et une sorte de réflexe fit qu'il "ouvrit" sa colonne vertébrale pour l'admettre et vida ses yeux pour la laisser sortir. Pendant toute la probablement éphémère durée de cette action "il" ne fut plus qu'une petite étincelle de conscience dissimulée dans une anfractuosité de son corps quelque part dans son dos semble-t-il. La fin de ce rêve est entièrement fantastique et logique. De par la fenêtre il pouvait distinguer deux choses : un immeuble banal de l'autre côté de la rue, le soir, avec des silhouettes allant et venant derrière leurs fenêtres. Et au delà de cet immeuble le ciel, une portion de la voûte céleste. Il regarda les fenêtres qui lui faisaient face et il vit les gens se tordre horriblement comme électrocutés. Il détourna alors son regard et fixa le ciel. Celui-ci s'embrasa lentement et devint blanc, il fût le théâtre de lenteurs lumineuses qui étaient peut-être des sursauts stellaires. Puis le flux se tarit, la chose ne fut plus là, passée, partie. Il se réveilla. et ce rêve fut assez violent pour qu'il n'ait point besoin de le noter rapidement. Il ne le fit que récemment,trois mois plus tard, avant que je ne t'écrive ces lignes.
Je crois que cette vision contient et explique en partie ce qui précède. Confronté à l'aspect insoutenable beauté, horreur, possible et néant du Fleuve, le "voyant "pour survivre se laisse habiter par sa vision et tente de ne pas lui résister. Elle le traverse ainsi et rejoint sa dimension qui seule peut la contenir : c'est l'image du ciel-univers dans le rêve.
A un niveau plus modeste, dans le quotidien, Jacques se sent menacé de destructions. Il est devenu trop puissant pour ne pas avoir trouvé et fabriqué de dangereux prédateurs et il pourrait se détruire lui-même de par le torrent de choses qu'il se contraint à absorber. Ainsi connait-il des temps dans lesquels il n'a plus cette culture continue -qui fut sa mère- mais seulement une culture mosaïque, dispersée, explosée. Il lit plusieurs livres à la fois, il fut l'un des premiers à scanner la télévision (considérant que le contenu d'un film est si dilué qu'il est facile d'en regarder sur huit chaînes à la fois sans en rater les passages intéréssants), il joue avec ses ordinateurs, conclut des affaires, se rend à des vernissages, prépare ses concerts et mène sa vie privée, entre autres choses. Comme tu le vois nous retrouvons là aussi le sens exact du rêve car il est celui qui doit se laisser traverser par le flux sans en être détruit.
J'aimerais à mon tour ajouter une remarque. Ce cri terrible dont il est question est aussi une harmonie. Le bruit de fonds de l'univers est composé des voix infinies d'étoiles infinies. Ce qui nous paraît horreur est en fait notre limitation devant les deux infinis. L'un, l'infiniment petit, est la durée de notre vie. Nous ne saisissons que le phénomène de la fuite du temps, du sable qui coule entre nos doigts. Nous ne sommes pas au présent. L'autre, le grand, est notre limite d'appréhension dès que les nombres grandissent un peu. Le désordre c'est..plus que cinq, ou huit, ou cent choses qui nous sollicitent simultanément. Pour beaucoup le désordre est deux. La symphonie des étoiles est pourtant belle, unique, éternelle. Elle dit tout de tout, elle est à la fois l'harmonie de Leibnitz et un ensemencement permanent de l'Univers par lui-même. Il suffit de pouvoir l'entendre, elle n'a besoin ni de public ni de lois : cette oeuvre géante en spirales d'infinis est anarchique au grand sens de ce terme.
Il existe dans une collection française de science-fiction une image-préface que l'on trouve au dos des pages de garde. Elle montre un homme dans un jardin. Il y a le soleil, la lune, des arbres, la terre, la vie simple. Le ciel est comme une grande cloche qui couvre le tout. Lui, il passe la tête au travers du ciel et il voit.. le reste, l'interdit : Il parcourt le Roman de l'énergie, les mondes de rayonnements, le Fleuve. Cette image exprime tout ce qui précède.
Quant au véritable auteur de ces lignes, mon aimé, ce serait une erreur que de penser qu'il me prête ce discours. Il provient sans doute de lui mais aussi d'un "lui" enseigné par moi.
Bon, il est tard. Je ne crois pas t'avoir dit que mes noces avaient été consommées en septembre? Il y aura -le grand Irlandais le veuille- ma fille Tiffany avec nous en décembre où l'an qui vient. En fait, savant génial perdu dans tes spéculations sur la structure de la matière, tu devrais savoir que je suis -par nature - prima inter non-pares! Penses-tu réellement que mon enveloppe d'animal me range au niveau des thalamiques, voire corticaux? Le savoir n'est pas là : il se décrit en termes d'interfaces et les miens sont infiniments subtils que les tiens.
Je sais le monde plus vivement et plus finement que vous ne pouvez le faire. Il fera nuit dans un instant et je descendrai l'allée ombreuse du parc. Je me fondrai dans les taches noires et les échelles de gris. Alors.. à moi le réel: ce camaïeu de noirceur à dix mètres c'est un écureuil. Au dessus de ma truffe s'étage tout un monde à plume qui se tait. L'infime grattement des habitants du sous-sol, les eaux voisines, rien ne m'échappe, je les sais tous et ils me savent. Une onde puissante m'envahit mais je n'ai pas besoin de me cacher d'elle, elle peut m'habiter sans me détruire. Son nom est instinct. Le mien c'est Ombre, Ombre de la forêt des Ombres."
Index
-A-
aléatoirement 20
aléatoirement
Et qui pourrait l'accorder 8
toutes choses magnifiques et dangereuses 9
âme 44
arcanes 17
-B-
Babylone 14; 18; 20
banque 15
bibliothèque
bordel
Babylone
ADN
Le Livre 15
bordel 16; 31
bruit 5; 9; 14; 16; 21; 28; 39; 42; 45; 49
bulles 38
-C-
catholique 11
chagrin 38
Chant remémoré 3
chaos 9; 11; 23; 28; 42; 44
gestionnaires 15
hasard 14
Il y a des tempêtes qui passent sur l'Europe 11
chef d'orchestre invisible 17; 31
cible 5
comptes numériques 15
-D-
d'interfaces 46
d'Univers 17
de la science et de l'obscur 42
de nature glaciale 44
dérive 38; 40
destruction immédiate 44
Die Wandlung 3
Dracula 33
-E-
Empire
Domaine des songes sur lesquels on règne 11
Pays d'Alentours;.i. Empire
Domaine des songes sur lesquels on règne; 11
Empire 6; 11; 15
Empire 17
éon 44
Esprits animaux, 17
-F-
femme 9; 10; 23; 29; 33
gentes Dames 4
femme
call sur le Paradis 13
dimensions 18
l'ancienne 18
l'Enfer 13
Femme Ultime 21; 33
femmes
Amazones 9
Femmes
amazonesses 9
elles me parlent 10
Grand Pardon 19
vaillantes 10
feu 5; 19
âmes 10
brute de la fonderie 6
chandelles 10
démons 7
enfer pour enfer 20
fumées 7
incendie 17
le Bruit 8
petites lumières 9
qui mourût naguère dans l'oubli 12; 30
une bibliothèque qui brûle 17
fins de règnes 17
Fleuve 9; 12; 13; 18; 23; 30; 40; 41; 42; 43; 44; 45; 46
fleuve
clinique dont les docteurs sont des dauphins 15
Eaux 17
rhônique 7
fluide de volonté 44
fou 3; 5; 10; 21; 22; 24; 38
-G-
Géhenne 20
glissando 44
guerrier 38; 39
-H-
Hispaniques 11
Histoire d'Elles 35
horrible modestie
Grandeur et décadence lémaniques Y.B. Mex 7
Histoire secrète des vices à Genève op. cit. 7
Les Chuisses... 7
-I-
images multipliées 39
immodestie 5
impluriel 5
insoutenable beauté 45
-J-
J'ai peur 40
Jacques 5; 7; 8; 10; 14; 40; 41; 44; 45
je connais leur regard 39
je rêve comme un fou 24
Je sais le monde 46
Je suis un conflit 38
-L-
l'anagramme de NADA 3
l'entité 44
l'état d'autonomie 31
la mer 37; 38; 43; 50
la nymphe simplette 3
la tête au travers du ciel 46
le Grand Lumineux qui marche pas droit 25
lenteurs lumineuses 45
les titres oubliés 4
livre, des rencontres. 38
loterie 14; 18
-M-
machinations et forgeries 14
Maître de Cérémonie 18
marches 5; 11; 17
Empire 6
margelles 17
méchante et électrique 44
Mont Salève 19
mort 7; 11; 23; 28; 39; 40; 41
Mujer de Arena 3
-N-
nulle mesure temporelle 44
-O-
Objets 15; 16; 31
-P-
Pays d'Alentours 4
Pays d'Alentours
tram XII 16
Ultramontain 12
plus ancienne colère du volcan 39
pouvoir
Ambassadeurs 14
confessionnal 8
confréries 4
d'impérialité 7
déchéance imméritée 12
et des recommencements 17
L'heure est venue de régler nos comptes 5
la mission de gagner cette guerre - en .i.femmes
Amazones 9
Nos services 9
rêves violents, clairs et forts 9
se retirer en terres d'oubli 12
symbole insignifiant ou précieux 18
un Grand Ancien 10
pouvoir 17
pouvoir conceptuel 16
prédateurs 45
prima inter non-pares 46
pur et dur comme le cristal 9
-Q-
quand un amour se meurt 17
Quand vient le temps de cette décision 39
-R-
rêve 4; 6; 9; 15; 16; 20; 24; 28; 31; 35; 37; 38; 44; 45
rien 6; 11; 13; 21; 22; 25; 29; 35; 39; 42; 46; 53
-S-
sable noir 38
se tordre horriblement 45
secret 18
songes 6
la trame même du monde 7
structures 17
suisse 7
Suisses 12; 30
sujet
Verbe, Le 4
sujet 5
sujets 4; 15
l'Empereur Salvador 4
sujets 26
l'Empereur Salvador 26
obscurs 26
-T-
tapage 18
temps suspendu 44
Tenochtitlan 7
terrible 7; 28; 40; 42; 44; 45
thalamiques 46
théâtre 45
tu n'existes que parce que je pense à toi 24
-U-
Ultramontain 30
un Ancien 38
un Jupiter de Chaos 43
un taux de réussite 3
une anfractuosité de son corps 45
une grosse difficulté d'être 25
Une onde puissante 46
univers
chaos
bruit
Fleuve
666
4,669 9
-V-
Vers la trombe 25
virgules du Monde 17; 31
vision 5; 42; 45
volcan 39