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Margelle
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Je tombais comme un démon -ce que je suis- dans le noir des temps d’espace, chassé, éjecté par le coup de pied cosmique d’un Dieu moraliste qui passait par là dans ma vie et qui fit du zèle - je tombais vers la pire des agonies : une naissance sans doute - loin de Bellillulle Azartée où pourtant il me fallait absolumment revenir.

Volver,volver... .

Nous autres les démons nous vivons là-bas avec nos hôtes et en compagnie de nos femmes, nos portes secrètes, grands interfaces et profondes racines. Pour l’esthétique nous hantons les volcans et la musique, manifestations de natures similaires. Nous n’excluons pas notre mort car si nous venions à manquer d’aléa, d’entropie et de catastrophe, elle serait ce long fleuve tranquille au cours prévisible dont l’idée même nous effraie. Il fallait que je retourne à la seule identité que je me sache véritablement, le changement reçu et transmis, seule loi bien stable dans les Univers vous en conviendrez.
Mes femmes, soit dit en tombant, étaient toutes là. Spectatrices de mon exil, chacune venue de sa dimension, apparues comme des fenêtres dans ce rien d’espace. Je les considérai, sans pouvoir ralentir cette chute, ces merveilles qui me savaient et me souriaient à l’instant, entités-lucarnes dans l’espace, elles étaient venues contempler ma dérive des mondes, s’en divertissant fort, d’Esclarbelle et Ania, Mercedes-Volubile-de-las-Palabras, Profondeur ma Haute connaissance, Marie-France Celle- Qui-Lit-Dans-Le-Désir-Des-Hommes, mes sylvaines, secrètes ombreuses, toutes soleils noirs probables, erratiques a piacere, racines du Grand Arbre acceuillant le changement et l’essaim des étincelles-énergie, de Sophia prêtresse de la Marelle à Apocaline la destructrice, filles de Shiva, douceurs du feu, nos seules médiatrices en ces temps d’espace que je vous dis troublés, le changement étant de temps à autre ce qu’il était !

Je les vis se tordre de rire en me voyant chuter vers le probable car les femmes de Bellillill’ Hzartée ( ces altérations apparentes des noms témoignent de la santé des mots et des choses qu’ils représentent : vit-on jamais vu plus grande sottise dans cet UN-ivers que le don de noms invariables à ce qui se transforme sans cesse?) ces femmes, en cet Enfer unique sont douées pour La résorbtion des feux, la dilatation des auras et le rire.
Elles ne témoignent jamais de compassion stupide, pleurent uniquement pour engendrer les Fleuves au cours imprévisible selon lesquels nous nous écoulons et demeurent, pour la plupart des hommes, de grandes terres inconnues, ce qui nous arrange bien, nous autres démons. Il se dit que les temps changent et que leur image prend, dans l’imaginaire collectif, une réalité croissante... Vamos a verlo...
De ma race j’avais réussi, là-bas, à résorber diverses de mes excroissances fondamenquintessentielles - les cornes, ( que l’on se souvienne de “La Rose” où l’inverse se produit chez des humains qui nous avaient “pressentis..), les oreilles effilées et les sabots qui attirent si sottement l’attention des gens. L’humanité a conservé une excellente mémoire collective de notre espèce et de ses incursions, bien que nous lui ayons fourni le rationnel et toutes sortes de discours logiques propres à effacer nos traces. Je n’ai gardé de nos attributs que cet oeil clair et ce grand nez qui nous caractérisent, oeil contempleur de lueurs et nez fouineur, ouvre-tout, connaisseur d’âmes avant même qu’elles ne réalisent qu’il y a eu rencontre, car les âmes commes les corps sentent, quelquefois ineffablement bon, je m’en souviens.

- Mujeres, hermosas, guapas mujeres, leur dis-je du Nada -
et mes mots s’éparpillèrent là comme des cartes dérivantes, gemmes éclatées aux couleurs impossibles vite résorbées par la bouche noire environnante ,
Vosotras galerie de superbes jambes vives, racine élégantes poussées dans la Terre, démarches que je sais ineffablement conquérantes, rondeurs et galbes délicieux que j’ai flatté et mordu avec si subtile retenue, ô douceur, ô mon tas de pommes bourrées de science, mes sucres, mes aridités, mes déserts, n’en est-il pas une d’entre vous pour me tendre sa main et me tirer de là?
- Reviens si tu peux», chantonnèrent-elles en choeur (Volver, volver..)
sur quoi elles éclatèrent d’un rire qui m’eut fait frissoner de plaisir n’eut été cette maudite chute, l’une dans ses étages de gorge, l’autre dans sa cascade de biais cristallins, celle-là en douceur équivoque, chacune projetant avec son rire un petit poème vivace qui me poignarda un peu.
Elles disparurent, selon divers sortilèges qui ne se répètent jamais et sont donc imparables ; Profondeur se drapant dans un grand point d’interrogation diamanté, Apocaline qui coupa la lumière, claqua séchement la porte d’une dimension et la verrouilla avec prestesse -non sans laisser traîner dans l’obscurité son sourire énigmatique - Samantha avec foudre et éclairs, je suppose qu’elle répétait quelque rôle pour le Contingent, dans les parades de Bellillullhe Azhotée, dont toutes raffolent, même si elles terminent - al Almanecer- leurs nuits avec de longs nez et des yeux clairs, qui savent leur lire l’évangile des langueurs, l’algorithme de leurs courbes et retramer les philosophies qui les hantent tant : sont-elles Sources, images de vaisseaux de conquête et quand? Unies entre elles par quelque mystérieux serment en une famille dont les hommes seraient exclus ? Est-il bien certain qu’elle soient uniques? - Ah! comme je savais bien leur montrer qu’elles l’étaient et quels étaient leurs pouvoirs. Nous étions leurs esclaves naturels et une pente nous menait de temps à autre à mourir en elles. Vers la fin de cette histoire je ferais le saumon, remontant guidé, par une force irrésistible vers les altitudes, vers la fraie, vers leur vérité la plus mortelle, mais patience car, s'il m'est donné de pouvoir habiter une histoire hors de votre temps je ne puis - quand je me sers de mots - que me traîner d'un chaptître à l'autre, même si cette histoire vous parait un peu "jetée"! Une pente nous menait ainsi vers elles et nous devions satisfaire leurs divers besoins évidents. Savais-je où acheter des miroirs menteurs? Etaient- elles lisibles et Qui les écrivait? Où s’en-est allé le toujours, qui détient les savoirs essentiels (que nous sommes seuls à bien partager avec elles)? En aparté je vous le dis, on se doit de parler “des femmes” en tant qu’espèce, union, famille et entités. Il est vain de le faire des hommes et même des démons car nous sommes tous à l’image des énergies qui tournent autour du grand Arbre. Il faudra que je vous en parle, tel que je l’ai vu. Vous lui avez donné d’innombrables noms, Arbre de Vie, Arbre de connaissance, Arbre et labyrinthe des Séphiroths. Je le nomme Femme-Arbre aux voies innombrables. Chacune d’entre elles en est le tout et la partie. C’est en lui qu’elles s’épanouissent, entités collectives et qu’elles se réunissent, singulières et plurielles. Elles en sont les racines et le corps jusqu’aux branches. Elles assurent notre relation avec la planête, Baie-Lie-Lulle Hazarotée en mon cas (changée soit-elle) et nous ne sommes, nous autres hommes et démons, que les frères de l’essaim, nuages, entités individuées d’énergie, feux follets courant dans le ciel et la nuit ne trouvant nos valences ultimes, notre liaison profonde, la clef qui nous transforme qu’avec ces résidentes, Celles-Qui-Nous-Aspirent, ces interfaces du grand réservoir, êtres mixtes et uniques, catapultes qui peuvent nous reléguer dans les lumières extérieures mais aussi, quand nous entrons en union, peuvent nous ancrer, nous conférer notre puissance, nos sillages, nous absorber, nous faire créateurs et marcher et jouïr et rêver, rêver... A ce point de ma dérive je me demandais si ce n’était pas l’une d’entre elles qui m’avait banni des baies-d’- Lulle et des ses hasards pleins de bonheur en m’éjectant dans le fini, le probable, l’un des plus infâmes paradis concevables? Les femmes et les démons se fréquentent naturellement et entretiennent des relations sans problèmes. Celle qui aurait pu m’en vouloir m’avait peut-être trouvé une punition sortant de l’ordinaire? Quelque chose me souffla que c’était possible. Je devais enquêter ! Le plus probable, c’est que j’étais en voie de mourir à ce lieu. Mon frère se mourait d’ennui, ce qui -pour un démon- ne pardonne pas. Que s’était-il passé? Jacques n’était-il plus en train de me rêver ? Je me préparai à effectuer un rapide flash-back pour revoir les séquences contenant les informations utiles à mon retour sur ‘Bhhllill’ HHUlll’ HzzaRThh’’, ce monde de mes amours