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Ce qui se passe avec Bobin, c’est que sa vision, la simplicité de sa phrase, ce qu’il dit me catapulte, me met en orbite, m’emplit de rêve ou simplement active mes bibliothèques. Ça lui arrive aussi « J’ai toujours attendu que quelque chose sauve la vie. J’ai toujours été étonné, quand un livre me brûlait les mains de voir que d’autres pouvaient en parler calmement, et que cela ne faisait que les rasseoir dans leur propre vie éteinte. »
Je savais qu’il est de bon ton à Paris de se moquer de cet homme du Creuzot qui a le mauvais goût d’avoir une assez large audience et de ne fréquenter aucun cénacle littéraire. Je m’en contrefichais, ce livre m’avait tout de suite éclairé.
Ma lecture était généralement brève, je prenais quelque chose au hasard et soudain mon esprit s’ouvrait, je reposais le volume, en y mettant quelquefois un signet inutile car c’était toujours une sorte de hasard manuel qui me faisait tomber sur telle ou telle page, et je restais à nouveau « éclairé ». Bobin n’est ni intello ni branché ni rien de tout ce qui fait parler la critique et les milieux de l’édition, il a commencé, à un moment de sa vie, à exister. (Comme Mirabelle LaNuit.)