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Armin Jordan

(Confessions d'un Genevois du siècle)

Ce n’était pas le chef d’orchestre qui m’intéressait mais l’homme qui se confesse un soir, au Bourg de Four, affalé dans un fauteuil dans le très bel appartement d’Alfonso Cata (le Cubain charmeur à qui Balanchine confie le New York ballet City, version genevoise résident en notre Opéra). Tous les sens en éveil, pareil au loup de Tex Avery, il a livré une chasse épuisante à une beauté un peu sauvage en jupe de cuir. Il l’a pourchassée autour d’une table mais celle qu’on appelle La Fille du Juge tricote de ses jolies jambes, ses joues se parent d’un vif incarnat. Elle existe. Il ne la rattrapera pas. Le Cubain et moi, un peu borrachos, nous regardons, nous apprécions l’insolite de cet homme qui il y a une heure ou deux répétait Parsifal et qui finalement, vaincu, vient s’affaler près de nous et nous confie que son rêve… est d'ouvrir un bistrot aux Saintes Maries de la Mer. Je le comprends.

Chef d'orchestre
Après avoir été successivement directeur du Théâtre de Bienne/Soleure, de l'Opéra de Zürich, du Théâtre de Saint Gall et de l'Opéra de Bâle,

Armin Jordan a été directeur artistique et chef de l'Orchestre de Chambre de Lausanne, de l'Ensemble Orchestral de Paris et enfin de l'Orchestre de la Suisse Romande. Les tournées
qu'il dirigea à la tête de l'OSR au Japon et aux Etats-Unis en 1985, 1987, 1989, 1991 et 1995 ont connu un succès sans précédent.