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Idéale Maîtresse

Xtraits

L'amour...
Et l’Amour dans tout cela ? Sotte question en vérité. Ce livre qui ne parle que d’Amour en traite et n’en traite pas. Sexe et amour ont consommé leur divorce dans la plupart des cas, " le désir n’est pas gentil, n’est pas bon, n’est pas moral, il est cruel, avide, cannibale… " Si vous voulez savoir ce qu’est l’amour lisez Alpha Shadow, ça parle d’union, de séparation, de mort et de transfiguration, de retour surtout. Dans la vie ordinaire nous ne savons pas très bien ce que c’est et en tous les cas nous le perdons souvent de vue quand nous vivons notre sexualité. Très probablement vous n’en saurez l’importance que quand vous l’aurez perdu. Seigneur Dieu, voici que Tu nous as laissé aller avec des défauts de construction, des paradigmes incompréhensibles, des évidences que nous ne savons pas reconnaître.
Lili, notre héroïne, est très brillante mais la tendresse et la romance ne sont pas son fort. Les deux ne font pas bon ménage. L’amour apparaît plus facilement quand les guerres de la sexualité sont apaisées, il devient harmonie à l’inverse du sexe qui est guerrier. La naissance du couple harmonieux et durable n’a rien d’évident.
Josefina existe et n’existe pas.
 
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L'Amérique
Il y avait dans les aventures de Lili et Giovanni a permanent U.S. background, une toile de fond américaine. Pourquoi ces acteurs dont la sensibilité était essentiellement latine apparaissaient-ils en Amérique ? Il devait y avoir une explication, rien de ce qui se tramait n’était dû au hasard, c’était beaucoup trop sexué pour être aléatoire. J’aime ce pays, mais les gens comme moi – c’est-à-dire le peuple américain – commençaient à se rendre compte qu’un leadership se paie et à craindre la facture imminente. Particulièrement dans l’assassinat de Dieu. Nous avons plus d’église et de sectes que n’importe quel autre pays et ça en dit long sur notre terreur et notre abandon, Dieu n’est pas américain comme aiment à la proclamer les prédicateurs, les plus infâmes des marchands du Temple. Je n’ai jamais aimé les fanatiques religieux, catholiques ou islamistes. Se pourrait-il qu’ils aient dit quelque chose de vrai à propos du grand Satan ?

Je me mis à dériver un peu sur le thème du Déclin de l’Empire américain. Ça me permettait de prendre le large, de revenir à cet aspect de moi que j’avais cru définitivement perdu depuis Tijuana. C’était le théâtre du moment l’Amérique, trop de pouvoir, trop d’ambitions et trop de contradictions s’y affrontaient. Bonnes et malfaisantes les plus fortes énergies de l’époque y bouillonnaient. En Occident, au Canada, beaucoup avaient imaginé que l’An 2000 serait, symboliquement et réellement le moment charnière, le vrai commencement du Déclin de l’Empire Américain. Le film qui porte ce nom est sorti en 1986 et les commentaires que j’ai pu lire sur IMDb me montrèrent qu’il n’avait jamais été pris au sérieux. Le rapprochement de ces deux mots " déclin et Empire " ne disait rien à personne, on y avait vu une histoire de sexe entre intellos. L’Amérique livrait au monde une guerre fraîche et joyeuse, elle ne pouvait concevoir qu’elle ne puisse être éternelle et que les règles de l’histoire s’appliquent à elle.
 
 
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L'Autre...
    - Quelle est cette image double demandais-je ?
    - Elles, dit Rushdie. Leur rôle n’a pas été reconnu, leur fonction pas accomplie, tant que durera Le Procès entre l’homme et la femme il y aura une guerre dans votre monde. C’est ainsi que Dieu les a écrites dans Genesis.


    Il regardait Ève et Lilith.


    Les deux femmes paraissaient perdues dans quelque stase inconcevable
 
 
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Dieu
(Sur la route de Santa Fe)
J ‘attendis deux jours. Le troisième en fin d’après-midi, un Mexicain hilare déboula dans le salon de l’hôtel et, après m’avoir passé sous le nez un petit carton barré d’une brève écriture ronde pointue, m’installa sans explications dans une vieille Pontiac, à destination des collines de Tesuque, d’une grande maison en adobe surgie de la terre rouge et de ses grappes de végétation, tenaces et irrégulières. Il n’avait répondu à aucune de mes questions et je me tus. Par ailleurs quand je m’approchai de cette belle porte de bois sculpté et ogivale, au bout d’un corridor de pierre blanche, le silence se fit si impérieux que j’oubliai le monde extérieur et entrai le plus discrètement possible. Je savais qu’il y avait passage. Dora Dora finalement m’avait envoyé au centre de la cible, à l’origine de toute cette histoire. On allait enfin savoir ce que je faisais dans ce livre.
Avec crainte je levai les yeux.
C’était une grande pièce, basse de plafond.
Je distinguai premièrement deux silhouettes féminines. Je pensai un instant voir deux Liliths mais il s’agissait de deux sœurs jumelles. Lilith et Eve. Leur aspect général était le même. Eve avait la différence d’un fruit mûr, d’une lumière douce, elle était la Mère. Elle me communiqua une infinie tendresse comme Lilith m’avait communiqué une quête infinie. Cette double femme était la beauté de la création.
- Je suis heureux que tu le penses dit la grande silhouette en blanc qui regardait l’âtre. Elle se tourna vers moi. le temps cessa de s’écouler. J’avais reconnu Celui que depuis toujours je recherchai. C’était Dieu, c’était mon père.
 
 
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Don Juan
 
Il est certain que nous avons tous plus ou moins attribué Casanova à l’Italie, Sade et Valmont à la France et Don Juan à l’Espagne. Les auteurs présents sur le plateau le contestèrent, ce qui fut évidemment surprenant pour notre tradition implicite. J’ai tendance à penser qu’il ne s’est agi que d’une boutade littéraire, d’une manière de présenter les choses et d’attirer notre regard sur l’identité d’une Espagne qui a perdu un peu de la sienne, qui déjà se veut plus européenne. Qu’y avait-il de frappant dans l’Espagne d’avant Franco ? La mer et ses côtes si particulières, la tradition sauvage des corridas, ses églises mauresques, une certaine alliance de la mort et du sexe au soleil, le flamenco, ce que disent Albeniz et Falla, une cuisine, le tempérament ombrageux des mâles, ses poètes, ses femmes ? Tout ça, bien sûr, le reste et une chose encore plus forte. L’Afrique et l’Arabie ont, par la péninsule ibérique, enculé – enculturé – le vieux continent européen. Je ne dis pas ça pour être grossier, il y a eu pénétration par le Sud. Attention Europe, cultures en approche à tes six heures ! Ce n’est pas la péninsule, c’est le pénis-isle qu’il aurait fallu dire. Et les couilles de ce pénis ont été catholiques, musulmanes, africaines et arabes. Ce puissant accouplement ne s’est achevé qu’il y a peu de temps. Le catholicisme espagnol n’a rien à voir avec le romain. L’islam est arrivé en Europe par l’Espagne. La musique arabe aussi avec ses gammes augmentées et ses quarts de tons. Et bien sûr, à partir des invasions maures, le sang mêlé, l’extrême beauté des hommes et des femmes. On peut dire que l’Espagne fut à l’Europe ce que le Mexique fut aux États-Unis. Dans les années cinquante les intellectuels américains, la plupart persécutés par le Maccarthysme, allaient ou rêvaient d’aller trouver refuge au Mexique. " Nous irons à Mexico et tout sera mieux " dit Scarlet dans Autant en emporte le vent. Il y a trois noms qui décrivent bien les étapes de la modification espagnole, Ravel, Mecano et Almodovar. Avec Ravel c’est l’Espagne inventée par les Français. Le Boléro ( œuvre record des droits d’auteurs) et mieux encore la Rhapsodie espagnole, partition dans laquelle le musicien réussit une fascinante postérization de ce pays. Mecano, à mon avis, avec des œuvres de toute beauté, c’est la fin de l’Espagne classique ou de celle que nous avons rêvée. Tout est encore là mais les choses sont dites sur un fond de modernité international, le rock. Et chez Almodovar, la décadence est entamée, les deux Espagnes coexistent, la classique sauvage et l’européenne. Si l’on cherchait le moment précis de cette bascule d’un grand pays sauvage il n’en serait qu’un.... (()))
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Mexique
 
Giovanni : dans les limbes à Puerto Vallarta
Nous survolions la mer, pas haut.
- Banderas Bay, commenta Lili assise à mes côtés.
Je mis quelques minutes à revenir dans ma peau tant ce rêve m’avait secoué et je décidai de ne pas lui en parler. Quand je jetai un coup d’œil par le hublot j’eus l’impression que nous étions sur le point d’amerrir mais une piste d’un gris poussiéreux se matérialisa au dernier instant. Les pilotes mexicains posent leurs avions comme des amoureux, baisant la piste avec douceur. Sauf le nôtre qui ricocha interminablement sur le béton, vent de travers je suppose. Une jeep décapotable nous attendait et peu après nous filions vers le sud en direction d’Ixtapa. Ma relation avec Lili était devenue plus calme et lente, j’avais l’impression de me trouver dans l’œil du cyclone. Les routes mexicaines sont mexicaines, c ‘est tout ce que je puis en dire. À un virage la jeep se trouva devant un cheval mort, que des naufrageurs avaient posé là et que nous eûmes beaucoup de chance de pouvoir éviter. Je restai absorbé dans mes pensées pendant qu’elle conduisait à vive allure. J’avais perdu mon masque je ne sais ni ou ni comment, je me sentais en forme mais il y avait de l’attente dans l’air. Cette escapade au Mexique m’enchantait mis à part ce pressentiment que nous nous rendions à un ultime rendez-vous dont la nature m’échappait. Après des heures de terre rouge, de poussière brûlante dans la figure et de secousses du type rodéo je vis passer deux panneaux, Zihuatanejo, Ixtapa, nous approchions.
Je fus franchement déçu, Ixtapa n’était qu’une station balnéaire pour classes moyennes, à peine moins pollué que Puerto Vallarta où nous avions atterri. Je me gardai bien de le dire mais je n’imaginais pas ce qu’elle pourrait envisager de faire dans un lieu si banal.
Elle sourit en coin, " On y passe la nuit et demain on file vers le nord est. "
On était en fin d’après-midi et laissant notre unique valise à la Casa Juanita où elle avait pris une chambre double nous sommes allés marcher dans les ruelles loin du port. Il y avait quelques échoppes dont l’une en contrebas, trois marches à descendre, et Lili parut extraordinairement intéressée par trois pierres noires, grossièrement montées en pendentif avec un lien de cuir, qu’une vieille femme lui avait présenté. Je l’étais moi aussi par ce vieux visage buriné qui ressemblait à quelque étrange chronique maïa ou toltèque. Ses yeux incroyablement jeunes me rappelaient quelqu’un. Mais qui ? Ici au Mexique dès qu’on s’écarte un tant soit peu de la couche superficielle de culture américaine qui semble avoir envahi le pays, on effectue un " U-Turn " à la manière d’Oliver Stone, mais au lieu de tomber dans l’horreur américaine médiévale on rejoint le monde de la race ancienne.
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Sexe
Avant que je pusse parcourir les quelques mètres qui me séparaient d’Elle la plante étonnamment dure du pied de Lorena se posa sur mon épaule gauche et me projeta rudement sur le sol. Je me fis mal mais ne bougeai pas. Je réalisai dans cet univers de jambes féminines que l’une des femmes me présentait à l’autre pour l’accomplissement d’un rituel. De leurs pieds à leurs genoux elles emplissaient mon horizon. Je pensai aux trois clefs que l’on m’avait donné et que j’avais pris pour de mauvaises plaisanteries. Jésus, Cannibale et repas du soir. Ignoré des prêtresses qui s’entretenaient entre elles dans une langue que je ne comprenais pas j’essayai diverses combinaisons entre ces trois termes. Mais en vain. De temps à autre le pied de Lorena venait me gifler la figure ou me frapper les cuisses. Je restai en érection totale, je me demandai même si j’avais jamais atteint cette taille auparavant.
La prêtresse m’attrapa par les cheveux et me redressa méchamment, je fus tiré à genoux devant la Déesse. Il y avait depuis le début cette musique fascinante qui tournait dans la pièce. C’était – elles me le dirent par la suite – des séquences de " l’Autre " de Mylène Farmer. Musique à la fois d’une extrême cruauté et tendresse, mezza voce de sexe et de religion. Lili me prit alors la tête dans ses mains et m’attira vers son intimit
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La_Sombra
Les petits plis malicieux qui firent trembler l’air à sa gauche devaient être l’équivalent d’un sourire en coin.
- Où m’emmènes-tu ?
- Au Sinaï, dans ce couvent où tu pourras méditer mille ans.
- Puis-je connaître mes crimes pour mériter un tel traitement ?
- Oh… fit-elle, tu n’es qu’un homme et je m’étais juré, il y a longtemps, de t’y emmener en dure pénitence.
- D’autres motifs ?
- Ils suffisent dit-elle. Je t’ai lu tu sais. Elle regarda dans le creux de sa main et cita : " Je finis par me convaincre que la jeune dominatrice à qui les hommes rêvent de se livrer était un point de départ idéal et qu’éventuellement ses pouvoirs lui permettraient avec le temps de révéler à son compagnon la véritable finalité de ses pulsions érotiques. "
- Cette petite phrase t’explique-t-elle l’aspect que j’ai revêtu ? Tu as trouvé une dominatrice, mais peut-être pas celle de tes rêves.
Elle ajouta plus Sombra que jamais : " le vrai motif de ta présence ici est que tu n’as pas fait ton travail ".
 
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Lilith
- J’ai, dit La_Sombra, une petite expérience de ces situations.
- Euh ? fis-je, oui, c’est possible… mais aujourd’hui les essayistes ne donnent plus beaucoup d’importance à Lilith, ce sont les marchands du temple qui ont saisi tout le profit qu’ils pouvaient tirer de son histoire. Les fausses Liliths n’ont pas tardé à faire leur apparition, du téléphone rose aux pages d’Internet on trouve une profusion de déesses dont les faveurs sont à louer. Bien que le principe soit sacrilège la situation ne manque pas d’un certain humour ! Ces dominatrices professionnelles ont découvert dans la bouche de leurs clients le mot magique : déesse, Goddess, et savent qu’il leur amènera plus d’hommes en chasse. Une chasse un peu désespérée, avivée par la guerre des signes comme par l’incessant bouillonnement des archétypes et des chaudières hormonales en folie. Pour qui aime les acronymes en voici un, le PEP , les hommes n’en manquent jamais. Ces mâles à la recherche du sanctuaire perdu sentent confusément quelque chose. Où situer le paradis si ce n’est là où habitent les déesses ? La déception les guette, on ne loue pas les " sévices " d’une déesse, elle se manifeste, imprévisible, dans de rares conjonctions.
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Poésie
 
Stridences caressantes, basses moirées d’orange sombre et amer, franges de bruit pour des Océanides vertes en cascades, chacun en bas dut savoir dans l’instant Qui j’étais.
Alpha Shadow n’était plus qu’une musique et c’était délicieux, je revivais dans d’indicibles harmonies, j’avais toujours été cette petite chanson que les docteurs n’entendent plus, et mon temps était enfin mien. Je me dirigeai vers les brillances des âmes et dans toutes ces lumières il en était une qui brûlait plus fort que les autres, qui était ma maison. Il m’attend, il m’attend, il m’attend et je dois être là le jour où il sortira de prison. Il me verra marcher, avec simplicité sur la route, je serai celle qu’il a toujours connue, en jeans, les cheveux auburn sur les épaules et un petit sourire pour lui dire qu’il n’a pas changé, nous serons à nouveau ensembles pour assembler cette formidable machine à lire le monde qui vous a sûrement manqué le temps de mon absence. Je lui transmis alors ce que j’avais à dire, pour soigner une immense peine, une si longue route, pour avoir ramené ce grand avion noir foudroyé dans la nuit, les mots justes me vinrent avec simplicité :
- Tu sais ce qu’il nous faut ? Revoir L’Océan. C’est mon frère. On marchera longtemps pour mieux le mériter et quelque part, dans une plage du Nord peut-être, dans ces pays qui ne sont pas souvent présents en cette histoire, nous arriverons à la dernière dune de sable. Il y a ....
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Philosophie
 
 
Philosophie : un mot très présent dans Idéale Maîtresse. Deux extraits, presque au hasard, la philosophie est d'avantage une trame qu'un exposé dans ce livre.
a)
Avant de m’essayer à cette version personnelle du discours amoureux de l’homme et de l’amazone je recherchai - avec des résultats très variables - les auteurs qui auraient abordé ce sujet. Beaucoup s’approchent, aucun ne vous apporte sa substantifique saveur, excepté dans le genre romanesque. Je trouvai des extrêmes, feu, glace, ouvrages érotico-pornographiques ou traités érudits qui ne dépasseraient jamais les limites d’une analyse générale et distante. Ça manquait de feu, de foutre et de risques ! Il y avait en somme à ma disposition des annuaires et des inventaires alors que c’est une Bible que j’eusse aimé trouver. Je trouvai également plusieurs ouvrages écrits par des femmes et qui contribuèrent souvent à corriger la mauvaise impression que nous avions tous des écrits des féministes. Il nous manque toujours le " mix " d’un Baudelaire moderne avec un grand romancier, un philosophe et un essayiste. Évidemment. personne ne s’y risquera volontiers, le risque est trop grand. Pourtant en lisant le " Serpent cosmique " je trouvai l’exemple d’un scientifique osant sortir de ses rails (il en paie le prix) pour esquisser une hypothèse bouleversante.
Depuis quelques années les " Traités de la Femme " se multiplient… timidement (j’assume mes mots). Il y a de jolies avancées en sociologie, en anthropologie et en philosophie. Mais personne ne se mouille beaucoup, ce qui ne fait pas notre affaire évidemment.
 
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b)
Face au " féminin " la pensée philosophique (masculine) était restée passablement silencieuse. Chacun connaissait le chemin des idées qui allait de la philosophie à la science. Schopenhauer, par exemple, avait écrit " Die Welt als Wille und Vorstellung " ce que l’on pouvait considérer comme une prédiction de la physique quantique qui décrit un réel décodé par l’observateur. Mais ce courant s’était inversé. Les philosophes à court de données récupéraient celles qui sans l’instrument scientifique leur seraient restées inaccessibles et tentaient d’élaborer de nouveaux paradigmes, entamant sans l’avouer une compétition avec les savants qui de leur côté avaient de plus en plus tendance à monopoliser la réflexion sur la vie. Le résultat n’était pas souvent génial, le livre qu'Albert Einstein consacra à une philosophie scientifique contemporaine était navrant de banalité. Cette valse osmose des connaissances ne toucha jamais le domaine qui nous intéresse. Il y avait des apports de la sociologie, de la sexologie, de la biologie, et de l’embryogenèse. Mais connaissions-nous des philosophes (mâles) qui s’étant alimentés à ces sources se soient risqués à traiter du féminin ? Faite le moi savoir.
Car en philosophie la femme en soi n’existait pas, personne n’écrivait sur " le degré zéro de la femme ". Nous trouvions dans les textes une vaste gamme de femmes, opprimées ou libérées, symboles, nouvelles, monnaie vivante, souillées-souillantes et même des femmes " fontaine ", mais par prudence personne ne s’était risqué à tenir le discours de l’ontogenèse et de la phylogenèse du féminin.
Notre système fut, de par son langage, répressif. Il englobait la femme dans ses catégories, exigeant que l’on joue avec ses règles et ne permettant pas de sortir de ses normes descriptives. Il y avait donc d’évidentes distorsions. Un système masculin est inapte à décrire la nature féminine, l’ayant enfermée dans ses catégories dès le début.

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