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On a volé

le Big Bang

Oriane
Le missile d'Allah
Rome, silence radio
Mort de Matias(0)
Josefina(Une barmaid d'enfer)
NORA
Jumbo cocktail
Clinton
Jean d'Ormesson
Garuda
Cocktails
 
L'auteur
 

 

Oriane se peignait les ongles des pieds.
Pas n’importe comment, avec soin, un joli dégradé du mauve au rose eut été l’idéal. Mais les cosmétopenseurs fourguaient de la merde, tout le monde le savait. Et tout le monde payait. Elle sourit en pensant aux finalités du maquillage, Baudelaire en connaissait un bout sur la question, aucun doute. Car Oriane était culturny. Jusqu’au bout des doigts de pied, de ces pieds dont elle essayait justement de masquer le triste aboutissement : un peu de corne et puis plus rien. Elle se demanda jusqu’où tomberaient ses amants si elle leur faisait lécher ces orteils jusqu’au bord d’elle, littéralement. Après tout, le monde avait été longtemps une assiette, et beaucoup d’observateurs avaient ripé et disparu dans un vide dont personne n’avait jamais rapporté la moindre description. Les pieds d’une femme devaient être l’une de ces portes qui donnent sur l’extase et le vide, elle essayerait. Elle avait étudié la littérature comparée, le droit et la théologie. Puis avec Fahwaz elle avait été initiée à l’art suprême. Celui d’Hassan. Oriane était un disciple de Fahwaz fils d’Hassan et comme telle elle assassinait.

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Le missile d'Allah

J’ai vu la guerre proche dans ces déserts. L’arrogance et le vide des militaires m’ont fait sourire. Le silence du désert, la nuit, est plus terrifiant que les crachotements de leurs moteurs. Ce n’est pas un feu conventionnel et leurs merveilleux oiseaux de fer qui viendront à bout de l’abomination rampante qui nous ronge.
Il faut provoquer la détonation des symboles, bien synchrone. Je sais aujourd’hui que cela existe et je vais disposer de ce pouvoir infini. Ma peau n’en finit pas de se défaire et de tomber. Au début je rêvais que j’étais une créature marine oscillant lentement au gré de courants frais et paresseux. Les habitants de la mer sont des oiseaux au vol lent. Mais la mer s’est retirée depuis longtemps de ces terres. De cette peau qui se desquame je suppose que quelque magie la régénère pour prolonger mes souffrances. Je traverse cette épreuve infinie habité par une certitude, celle que je renaîtrai. Quand je libérerai la masse critique des symboles lourds, dans le temple. Il faut maintenant que je me mette en marche. Que je devienne plus occidental, plus schématique. Car je sais que quiconque regarderait mes yeux avec impudence y verrait de grands navires en feu et des accouplements de soleils. En vérité je suis celui que vous nommez Orphée. Le missile d’Allah et bientôt Lucifer Photophore.

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Rome silence radio

La suite est nettement plus prosaïque. Je me suis réveillé le lendemain dans un grand lit d’évêque. Quelqu’un avait mis des fringues propres près du lit, un jeune abbé est venu m’apporter, sur une charole d’argent finement ciselé, un sommaire mais bienvenu petit déjeuner. Une cloche a sonné quelque part et une autre lui a répondu. Je pouvais voir les toits alambiqués de la Cité de Pierre. Cette fois, aucun doute, j’étais au Vatican et Il allait vouloir me parler. Moi aussi d’ailleurs, et pas de n’importe quoi mais du comportement outrageant d’une certaine Laura. Mais cette idée tourna court quand la mère supérieure entra. C’était Laura, enfin… je le suppose. Elle me jeta un regard sévère et tourna son rosaire dans ses doigts. J’aurais juré que je les avais eus dans le cul ces doigts de sainte, mais je n’étais plus sûr de rien. Dans le doute je m’abstins, les cloches babillèrent encore un peu et un vieil homme simple entra.
- Notre cher fils, sourit-il avec bonté, quelle joie pour Nous de voir revenir Notre brebis égarée.
Je m’abstins de toutes mes forces de a) penser à un cocktail et b) lui donner mon opinion de la SSV. Bien m’en prit car il entra dans le vif du sujet, son temps paraissait précieux. Le mien me donnait plutôt l’impression d’une vieille serpillière tordue mais passons.
- Notre cher fils ne s’attendait pas à Nous voir sous cet aspect, dit-il.

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Mort de Matias(0)

Elle le regarda entrer dans la loge avec un air amusé. Elle aimait profondément cet homme qui allait mourir. Elle l’aimait car elle lui avait trouvé une mort juste et agréable. Il ne fallait pas lui laisser le temps de rompre le charme. D’un regard, alors qu’il s’avançait vers elle, ne sachant comment la traiter, elle le fit taire.
- Le Tsimtsoum, dit-elle. J’ai entendu une conférence très intéressante sur le Tsimtsoum chez Géronimo.
Elle se garda d’ajouter que ce dernier en était mort.
Matias fut surpris par cette entrée. Ce n’était pas une ouverture classique. Et qu’était le Tsimtsoum ?
- C’est, dit Oriane qui avait la ferme intention de ne pas le laisser parler, quelque chose comme la création du monde, notre origine en Dieu, une plage des Caraïbes avant la mer du Temps.
Matias fut bouleversé. Cette femme le maniait comme elle voulait. Et elle lui parlait du Big Bang, certainement sans le savoir. Pouvait-on croire aux coïncidences à un tel niveau ? Il pensa que non. Avant qu’il n’ait eu le temps de réagir Oriane avait posé sur son épaule une petite culotte de soie bleue.
– Une galaxie, dit-elle en riant.

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Une barmaid d'enfer

J’ouvris un œil et, le temps que ces brumes vachardes qui traînaient dans ma cabeze se dissipent, j’aperçus une paire de jambes sublimes émergeant d’une mini de daim fauve. Ça me rappelait quelque chose. Mes membres étaient lourds, si lourds que je finis par remettre à plus tard toute activité motrice. Ces sandales dénudantes et cette mini, je connaissais ça par cœur, cette peau de morène aussi. Un rire musical acheva de me ramener à la réalité, j’étais en présence de Josefina. En son pouvoir eût été une description plus réaliste compte tenu du savant ligotage dont elle m’avait gratifié. Je ne vais pas vous en infliger une description détaillée, vous n’avez qu’à lire ce foutu bouquin pour apprendre à votre tour qui est Josefina, fille du Serpent à Plumes, dangereuse comme l’Iztacihuatl et grande éducatrice de la gent masculine. Depuis que nous nous étions fixés avenue Montaigne, je l’avais snobée et ignorée et je ne pouvais guère lui reprocher d’exiger une audience, même si le terme de comparution personnelle eut été plus approprié. Si vous avez l’adresse d’une fille simple, belle et douce qui se contenterait d’un séducteur riche, fin, intelligent, sensible, respectueux des femmes, disposant d’une forte réserve de foutre, esthète et Don Juan de grâce dites-lui de m’appeler, mon éditeur lui filera mes coordonnées sans aucun problème à condition qu’elle s’engage à ne pas me violer, me ligoter ni me jeter dans ses ténèbres extérieures et à corriger mes manuscrits, cette dernière demande étant négociable.

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Jumbo cocktail

(Dans un 747 d'Air FRance)

– Que puis-je faire pour participer modestement à votre trésor ? lui demandai-je.
La réponse ne se fit pas attendre : " Épatez-moi ! "
Nous finîmes par convenir d’un tonneau barriqué, figure dans laquelle l’avion effectue un tour complet dans son axe de roulis (tangage ou lacet, je n’ai jamais pu me souvenir de ces chinoiseries qu’on vous impose à l’oral), la gravité restant constante durant toute la performance. En d’autres termes si une seule goutte de jus d’orange sortait d’un verre ou si une vieille dame s’envolait à destination des soutes à bagages j’aurais perdu et la tripulacion ne m’épargnerait pas ses sarcasmes. Il me fallait simplement espérer très fort qu’aucun passager ne regarderait par les hublots pendant l’accomplissement de cette simple figure de routine. Je m’installai en copi et entamai la procédure. Malgré l’opinion des auteurs du manuel de vol, sur un 747-400 la figure était élémentaire et très réalisable. Je n’aimerais pas vous barber en étant trop technique, sachez qu’il suffit de s’assurer d’une vitesse moyenne vive, de lever le nez de la bête dans le style nose up et d’entamer un virage constant sur la gauche, par exemple, le pied un peu à droite pour tricher avec la symétrie de l’appareil. L’astuce réside dans...

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Clinton

Andrew, de quelle nature est la menace ? Nucléaire, virale, politique, financière ou sociale ? questionna Bill une fois de plus. Ils avaient convenu de se passer de tout protocole.
- Je l’ignore, Bill, réellement je l’ignore mais je n’ai jamais vu de système autonome augmenter son degré de cohérence comme ce que nous avons en face de nous.
- Okay, fit le dénommé Bill, mais si ça se vérifie ce sera très sérieux. Est-ce correct ?
- Affirmatif. Assez sérieux pour garantir la fin d’un système physique, logique ou les deux.
- La fin de l’Amérique, songea Clinton. Sur ce point ils avaient le même pressentiment. L’un par intuition l’autre par intérêt.
L’ensemble Genesis avait bien grossi depuis les recoupements du début. Ils brassèrent une fois de plus l’ensemble des idées et faits répertoriés. On travaille bien plus agréablement à Poughkeepsie qu’à Casablanca songea Clinton. Au moins personne ne venait vous emmerder en vous annonçant toutes les dix minutes la fin du monde. Ce n’étaient que des conspirations sans intérêt qui secouaient le monde politique. De plus, la fin du monde était probablement là, devant leurs yeux, mais il fallait la voir. Il eut une idée.
- Andrew, coupez des morceaux de papier pas trop grands et écrivez sur chacun le nom d’une personne ou d’une séquence de l’affaire Genesis, voulez-vous ? Ajoutez quelques verbes et opérateurs logiques et, pour finir, des mots au hasard. Surtout ne cherchez pas à y mettre un sens. La solution est devant nos yeux mais elle se cache sous notre logique. C’est un de vos putains de sub secrets, on va donc le traiter comme il le mérite. Avec l’aide de Miss Aléa.

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Jean d'Ormesson

- Je suis curieux, dit l’académicien, qui était surtout un poète. Que va-t-il se passer ?
- J’ai laissé le navire aux mains de cet innocent.
- L’Estripeur d’énigmes ? Ah, je t’avoue qu’il est venu me voir, pour la signature du Rapport, dans une cité sinistre dont le nom m’échappe. Je n’avais rien vu de son potentiel, je te l’avoue.
- C’est sans importance, c’est mon job. Je vois, de temps à autre, des âmes un peu moins polluées. Je lui ai remis les clefs de Genesis. À lui et à une femme importante.
- Oh ? Marie peut-être ?
- Ah que non ! dit Dieu, elle n’a pas du tout le style de Marie. Ce serait plutôt le contraire. La société humaine est un rosier. Oriane l’émonde parfois. La double nature de la femme, tu devrais le savoir.

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NORA

NORA : Neuronal Open Research Architecture, un ordinateur déjà rencontré dans Idéale Maîtresse mais c'est dans LES CULS (livre suivant) qu'elle (qu'il...) dévoilera une grande partie de ses secrets.

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Garuda

- Je suis, dit-elle, très perplexe, une carte de crédit inutilisée. Suis-je vraiment Kali la douce ? Et à quoi cela me sert-il ? Je sais qu’elle aimait la compagnie de Garuda. Voyons donc ce que valent tes révélations dans l’après Dagmar.
Elle tapa du pied et je me souvins de cette légende orientale dans laquelle un papillon offensé par un roi, tape du pied et fait disparaître sous terre les palais du monarque. Un beau souvenir mais les motels et les pubs crasseuses de l’endroit ne bronchèrent pas.
- Ah ! dit-elle tout en retirant la sandale de son pied droit, il fallait sans doute que je le fasse avec mon pied nu. Cette terre de cons n’est pas sensible aux chaussures d’une Déesse.
Elle s’apprêtait à frapper le sol une seconde fois de son pied mutin quand une ombre gigantesque nous recouvrit, une éclipse galopante qui engloutit en un clin d’œil tout le Central New York où nous nous trouvions et nous obligea à lever la tête.
- Garuda ! murmura Oriane. Je savais que tu me suivrais. Viens mon bel oiseau !

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Cocktails

Cocktails : une manie de l'Estripador! A découvrir dans le texte. Les classiques et ceux qu'il invente (pas tristes).

Cocktail

a) perversion de base de El Estripador

b) Savant dosage de boissons diverses alcooliques ou non

c) liste des quelques principaux cocktails (Israël et USA) et coquetèles (France) préparés dans ce livre : (* = recette commerciale non disponible, ** cocktails de Josefina) soit :

Albermarle Fizz, Algonquin, Cape Cod Cooler, FrankenJack**, Fidel Castro, Genoa, HammerHead, Hula-Hula, Indian River, Jocose Julep, Josefina Special** et l’indispensable : Mariposa Boom Boom de Todos los Santos Menos Yo**., Leap Frog Highball, Liberty Cocktail, Little Princess, Matador, Mint Sunrise, Mr. Pip’s St Thomas Special, Pain Killer, Pink Lady, Red Apple Sunset, Royal Roost, Sadie Smasch, Salty Dog, Santo Matador de las Mariposas**, U-Turn*, Veme élément*, Woman Warrior, Woo Woo etc. Tip : inventez les vôtres, seuls le shaker et la glace pilée ne changent jamais, plus c’est fou plus ça a de succès.
Coquetèle : manie française de nationaliser des mots qui sont expressifs dans leur langue d’origine : voir cocktail

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